Ali Bongo a-t-il entendu les cris de détresses des retraités et des agents de la CNSS ?

Vêtu d’un grand boubou de musulman en ce jour de la grande prière du vendredi, le président Ali Bongo Ondimba a longuement entendu son ministre du Budget et des comptes publics, Edith Ekiri Mounombi épouse Oyouomi et son collègue de la Santé Guy-Patrick Obiang sur la situation chaotique de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) incapable de payer à date échue les pensions de retraite et désormais les salaires de son propre personnel.

Selon un communiqué de la présidence de la République, Ali Bongo a sommé son ministre du Budget et des comptes publics de procéder au paiement des salaires des agents de la CNSS et de leurs collègues de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) sans oublier les pensions des retraités.

La CNSS et la CNAMGS sont sous la tutelle du ministre de la Santé d’où la présence de Guy Patrick Obiang Ndong au palais présidentiel.

Le mal serait très profond à la CNSS. L’établissement vit à crédit depuis plusieurs années. A l’origine de ce chaos, la décision en 2014 de payer mensuellement les pensions des retraités alors que les cotisent une fois par trimestre. Il y a aussi que la dette de l’Etat auprès de la CNSS aurait atteint des sommes faramineuses jamais soldées. Autre facteur à l’origine des difficultés de la CNSS, les crises financières successives qui ont provoqué des licenciements massifs notamment dans le secteur pétrolier, l’un des plus grands contributeurs dans les cotisations sociales.

Le dernier facteur connu mais généralement évoqué en sourdine : les effectifs pléthoriques. Les recrutements sont clientélistes. La grille des salaires pose problème entre les gagnes petit et les grands patrons.

Ali Bongo et ses ministres © DR

A son époque, Nicole Assélé, ex DG de la CNSS avait suggéré de ramener la paye des pensions de retraite une fois par trimestre. Ce qui lui avait valu son poste. Elle avait aussi suggéré à l’Etat d’éponger sa dette estimée à plusieurs milliards de FCFA afin de permettre à la caisse de disposer un matelas financier. L’Etat avait fait la sourde oreille.

Une récente étude menée par une société marocaine a révélé que les réserves de la caisse s’épuisent en juillet. Une faillite est inéluctable à moins d’injecter de l’argent liquide dans la boite.

Antoine Relaxe

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