Banque mondiale : la formation, un frein à la création d’emplois

La Banque mondiale a présenté, le 27 octobre 2026, sa Note de conjoncture économique du Gabon 2026 dans les locaux de Gabon Mining Logistic, en présence de plusieurs membres du gouvernement. Le rapport met en lumière un problème majeur : malgré une croissance économique de 3,2 % en 2025, le pays peine à créer suffisamment d’emplois de qualité. Le chômage des jeunes atteint 30,5 %, tandis que 55,4 % des travailleurs seraient surqualifiés pour les postes qu’ils occupent.

Selon une étude menée par la structure, le Gabon a affiché une croissance économique de 3,2 % en 2025, portée principalement par les investissements publics dans les infrastructures. Mais cette performance peine à se traduire par une création suffisante d’emplois productifs. Pour la Banque mondiale, le défi est désormais de faire de la formation un véritable levier de diversification économique.

Présentée autour du thème « Investir dans l’éducation et les compétences pour créer davantage d’emplois de meilleure qualité », la note souligne le décalage entre les qualifications des jeunes et les besoins des entreprises. En 2024, le taux de chômage atteignait 17,4 %, contre 30,5 % chez les 15-35 ans. Plus révélateur, il s’élevait à 25,4 % chez les diplômés universitaires, tandis que 86,5 % des emplois relevaient du secteur informel. Une situation qui s’expliquerait par les insuffisances du système éducatif.

Malgré un accès élargi à l’école, seuls 10,1 % des élèves évalués maîtrisent les compétences minimales en lecture et en mathématiques. Par ailleurs, à peine 10 % des jeunes concernés s’orientent vers la formation technique et professionnelle, alors que les secteurs du bois, des mines, du tourisme, de l’agro-industrie et du numérique manquent de main-d’œuvre qualifiée.

Les conséquences sont sociales : le taux de pauvreté atteint 28,7 %, soit environ 729 000 personnes. Pourtant, selon la Banque mondiale, une année d’études supplémentaire augmente en moyenne les revenus de 13,5 %, confirmant le rôle essentiel de l’éducation dans la lutte contre la pauvreté.

Pour inverser la tendance, l’institution préconise de renforcer les compétences fondamentales, de développer la formation technique et de rapprocher les établissements des entreprises. Elle recommande également une meilleure coordination institutionnelle et un financement davantage orienté vers la qualité des apprentissages.

Le défi du Gabon est désormais de convertir ses investissements et ses ressources naturelles en activités productives, capables de créer des emplois décents. Car, au-delà de la croissance économique, c’est la capacité à former, employer et rémunérer sa jeunesse qui déterminera le caractère inclusif et durable de son développement.

Betines Makosso

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