Adrien Nguemah Ondo, 26 ans après : l’homme politique et de lettres que le Gabon n’oublie pas

Mort en octobre 2000, ancien député et auteur de textes lus par des générations d’écoliers, Adrien Nguemah Ondo laisse une œuvre qui continue de faire vivre la mémoire culturelle gabonaise.

Vingt-six ans ont passé depuis la disparition d’Adrien Nguemah Ondo, en octobre 2000. Son nom n’a pourtant pas quitté la mémoire collective. Il reste lié à un livre consacré à la société traditionnelle, Le Village, structure et tradition, publié en 1983.

Une plume au service de la tradition

Adrien Nguemah Ondo a consacré une grande part de son travail d’écriture aux réalités, aux valeurs et aux représentations de la société gabonaise traditionnelle. Le village, au cœur de son livre de 1983, y apparaît comme un monde organisé, avec ses règles, ses équilibres et sa transmission d’une génération à l’autre.

Il écrivait à une époque où l’on s’interrogeait beaucoup sur ce que le Gabon devait garder de son héritage. Sa conviction tenait en peu de mots : un peuple qui oublie ses récits et ses valeurs peine à bâtir son avenir.

Des textes lus sur les bancs de l’école

Ses écrits ont aussi touché le grand public, et d’abord les plus jeunes. Deux de ses textes, Le Nku’u ou Nkulu et Le Procès d’Omveck, figuraient dans L’École africaine, le manuel de lecture utilisé dans les écoles gabonaises dans les années 1980. Beaucoup d’élèves y ont découvert le conte, la tradition orale et un patrimoine qu’ils n’avaient pas toujours rencontré ailleurs.

Un homme de l’Assemblée nationale

Adrien Nguemah Ondo fut aussi un acteur de la vie politique nationale. Il est recensé parmi les députés gabonais dans la liste de l’Association des anciens parlementaires gabonais. Il a été troisième vice-président de l’Assemblée nationale de 1990 à 1996, une période marquée par l’ouverture démocratique et le retour du multipartisme au Gabon.

Son parcours réunit ainsi deux engagements : le service de l’État et la défense de la culture.

Un héritage entretenu par les siens

Sa famille veille sur cette mémoire. En 2023, elle a contribué à la réédition du Village, structure et tradition, dans le cadre d’un hommage à l’auteur. Son fils, Yengoui Meye Nguemah, a également adapté Le Procès d’Omveck en bande dessinée. La présentation de cette BD jeunesse a eu lieu à l’Institut français du Gabon fin mars 2023. Le conte, qui avait marqué les lecteurs d’hier, s’adresse ainsi à ceux d’aujourd’hui avec de nouveaux outils.

Cette transmission est sans doute le plus bel hommage possible à un auteur : son œuvre continue d’être lue, étudiée et découverte.

« Ne pas oublier »

Se souvenir d’Adrien Nguemah Ondo, ce n’est pas seulement regarder en arrière. C’est rappeler que la culture, la mémoire et la transmission comptent dans la construction du Gabon de demain.

Sa vie laisse trois héritages : celui de l’action publique, celui de la pensée et celui de la transmission. Tant que ses livres seront lus, que son nom sera prononcé et que les jeunes voudront comprendre leur histoire, sa mémoire restera vivante.

« À Adrien Nguemah Ondo, hommage et reconnaissance », écrit son fils Yengoui Meye Nguemah.

Marie Dorothée

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