Temps forts des travaux de l’atelier conjoint BAD-CEMAC-UNFPA sur l’optimisation du système Open Platform (ODP) 2.0 / Gabonactu.com
Fin, à Libreville, des travaux de l’atelier conjoint BAD-CEMAC-UNFPA, consacré à la mise en œuvre du programme SDMX et à l’implémentation du système Open Data Platform (ODP) 2.0 dans les pays de la CEMAC. Durant cinq jours, les experts des six États membres ont travaillé à l’harmonisation des systèmes statistiques, au renforcement des compétences techniques et à la préparation de la transition vers l’ODP 2.0. Au cours de l’atelier, les délégations nationales ont présenté leurs différentes expériences et les principales difficultés rencontrées. L’objectif n’était pas d’uniformiser les systèmes statistiques des États membres, mais de définir des structures communes permettant leur interopérabilité.

Une partie importante des travaux a été consacrée à la future plateforme CEMAC-Data. Celle-ci doit permettre de centraliser, harmoniser et diffuser les statistiques officielles produites par les États membres et les institutions communautaires. Les participants ont notamment examiné les conditions d’articulation entre CEMAC-Data et les plateformes nationales, les mécanismes de validation des données, la gouvernance du dispositif ainsi que l’architecture technique nécessaire à l’automatisation progressive des échanges.
Les experts ont ainsi travaillé sur les Définitions de la structure des données (DSD), les nomenclatures, les listes de codes, les concepts statistiques et les métadonnées. Des exercices pratiques sur le SDMX et l’ODP 2.0 Les sessions techniques ont permis aux participants de se familiariser avec la modélisation multidimensionnelle selon le standard SDMX. Ils ont notamment appris à transformer des tableaux statistiques classiques en structures standardisées, à identifier les dimensions, mesures et attributs, puis à élaborer les différents référentiels nécessaires.
Les exercices réalisés à partir des données des différentes délégations ont permis de faire ressortir des besoins supplémentaires en formation et en assistance technique. L’expérience de l’UEMOA a également été présentée. Elle a notamment porté sur l’harmonisation des référentiels statistiques, la constitution d’un réseau régional d’administrateurs ODP et les premiers tests d’échanges automatisés.
« Sur la base de la plateforme initiale, ODP 1.0 mise en place par la BAD, qui présentait bien des limites, nous sommes réunis pour l’optimiser et mettre en place la nouvelle version Open Data 2.0. Nous avons donc harmonisé nos conceptions et pratiques sur cette nouvelle plateforme pour faciliter les échanges entre pays », a expliqué Clarbin Rudy Vanilli Okoua, Chef de Projet ODP Congo et Président des travaux.
« Sur le plan gabonais, migrer vers Open Data 2.0 est primordial dans la valorisation de la donnée. Il rentre dans la vision de modernisation qui est prônée par les plus hautes instances nationales et régionales. Il y a dans cette exigence, la nécessité de moderniser et de valoriser la donnée produite. L’enjeu réside aussi dans l’interopérabilité entre les instituts nationaux et les régionales », a déclaré Evira Paraiso Libabat, point focal ODP au Gabon.
Feuille de route régionale
L’un des principaux résultats de l’atelier réside dans l’élaboration de projets de plans d’action. Leur consolidation a permis de dégager un calendrier régional couvrant la période 2026-2029.
Ce calendrier prévoit notamment la mise en place des équipes nationales, l’inventaire et la préparation des données, le renforcement des capacités, l’harmonisation des pratiques et la migration progressive vers la nouvelle plateforme Open Data 2.0. Le chronogramme prévoit également une implication accrue des producteurs sectoriels, ainsi que la mise en place de mécanismes d’assistance technique et de partage d’expériences entre les États membres.

Les Instituts nationaux de la statistique et les Institutions sous-régionales dédiées sont notamment appelés à élaborer leurs feuilles de route de migration, à désigner des points focaux et à mettre progressivement leurs bases de données en conformité avec les structures harmonisées de la CEMAC.
La Commission de la CEMAC devra, pour sa part, assurer le suivi des feuilles de route nationales, finaliser les DSD régionales prioritaires, renforcer les capacités des experts et rendre progressivement opérationnelle la plateforme CEMAC-Data. Elle est également appelée à mettre en place un mécanisme de coopération Sud-Sud entre les Instituts nationaux et régionaux de la statistique.
La Banque africaine de développement devra accompagner les formations, l’assistance technique et les mécanismes de migration. Son appui est également attendu pour la finalisation, l’interconnexion et la maintenance des outils de diffusion statistique. La Banque mondiale, les administrations et instituts nationaux ont, quant à elles, été invitées à contribuer à la réduction des délais administratifs et financiers liés à la mise en œuvre des initiatives préconisées.
M.-O. Mignonne et Frida Dodo
