Gabon : Ali Bongo Ondimba place le Gabon entre les mains de Dieu, 3 ans après sa chute

À l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance du Gabon, célébré le 17 août, l’ancien président Ali Bongo Ondimba a adressé un message écrit aux Gabonais, une prise de parole publique rare depuis sa destitution par l’armée en août 2023.

« Cette année, je m’adresse à vous d’une place différente de celle depuis laquelle je l’ai fait pendant de nombreuses années. Mais les fonctions passent ; l’attachement à son pays demeure », écrit l’ancien chef de l’État en préambule de son message, placé sous la formule « Le Gabon nous dépasse tous ».

Sans revenir en détail sur les circonstances de sa chute, Ali Bongo évoque les critiques dont il a pu faire l’objet : « J’entends tout, je vois tout. Je n’ignore ni les silences, ni les omissions, ni ce qui se dit ou s’écrit à mon endroit ». Il affirme avoir « pris acte, une fois pour toutes, de ce qui s’est passé » et confie : « Mon seul souhait, ma seule prière, est que notre pays avance, Inch’Allah. Je place désormais l’avenir du Gabon entre les mains de Dieu tout-puissant ».

L’ancien président dit également avoir conscience des « interrogations, des difficultés et parfois des inquiétudes » qui traversent de nombreuses familles gabonaises, ainsi que des « messages » et « témoignages » qui lui parviennent. « À chacune et à chacun, je veux simplement dire : gardez confiance en notre pays. Gardez espoir », lance-t-il.

« Je ne solliciterai plus de mandat électif »

Signant désormais en tant que président du Parti démocratique gabonais (PDG), Ali Bongo affirme avoir « fait le choix de continuer à servir autrement » : « Je ne solliciterai plus de mandat électif. Mais renoncer à exercer le pouvoir ne signifie ni renoncer à mes convictions, ni cesser de transmettre l’expérience acquise, ni devenir indifférent au destin de son pays », poursuit-il dans ce message relayé sur les réseaux sociaux par Ali Akbar Onanga Y’Obegue, Secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG, tendance Ali Bongo).

Il dit vouloir consacrer son énergie « à accompagner sa reconstruction, à transmettre, à conseiller et à préparer une nouvelle génération de femmes et d’hommes capables de servir le Gabon avec compétence, responsabilité et fidélité à l’intérêt général ». Il assigne à son parti, fondé sept ans après l’indépendance, un « devoir nouveau » : « se renouveler profondément, écouter les Gabonais, apprendre de son propre parcours et contribuer, dans le respect des institutions et des choix du peuple, à l’existence d’une opposition responsable et d’une alternative crédible pour notre pays ».

S’adressant « particulièrement » à la jeunesse, il l’exhorte : « N’ayez jamais peur de l’avenir. Prenez votre place. Formez-vous, engagez-vous, débattez, proposez, construisez ». Il appelle enfin à l’unité, en référence à La Concorde, l’hymne national : « Restons « unis dans la concorde et la fraternité« … Le Gabon a traversé des épreuves ; il s’est toujours relevé par l’union de ses filles et de ses fils, jamais par leur division » conclu l’ancien N°1 gabonais.

Un règne de quatorze ans achevé par un coup d’État

Ali Bongo Ondimba avait succédé en 2009 à son père Omar Bongo, qui avait dirigé le Gabon pendant 41 ans, portant à plus d’un demi-siècle la mainmise de la famille Bongo sur ce pays pétrolier d’Afrique centrale. Réélu en 2016 puis en 2023 dans des scrutins contestés par l’opposition, il avait été victime d’un accident vasculaire cérébral en 2018, dont il ne s’était que partiellement remis.

C’est au soir de sa réélection controversée, le 30 août 2023, que des militaires emmenés par le général Brice Oligui Nguema, alors chef de la garde républicaine, l’ont destitué et placé en résidence surveillée, mettant fin à 56 ans de pouvoir de la famille Bongo. Une transition s’est ensuite ouverte, débouchant sur l’élection de Brice Oligui Nguema à la présidence.

En septembre 2024, un an après sa chute, Ali Bongo avait rompu le silence dans une lettre où il annonçait son retrait de la vie politique et présentait ses excuses, appelant à la réconciliation nationale.

Son message de ce 17 août 2026 marque ainsi un retour à une forme de visibilité publique, sans toutefois remettre en cause le régime en place.

Son épouse Sylvia Bongo Ondimba s’est aussi rappelé aux gabonais dans un message de compassion adressé à la famille de l’ancien Premier ministre, Alain Claude Bilie By Nze emprisonné depuis avril dernier pour une dette de 5 millions de FCFA datant de 18 ans.

Marie Dorothée

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