Une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux enflamme le débat depuis plusieurs heures. Au quartier Apostrophe, dans le 4ᵉ arrondissement de Libreville, une altercation opposant le maire adjoint Kenny Ongouri à un adjudant de la gendarmerie a provoqué une vague de réactions. L’élu municipal dénonce un comportement qu’il juge inacceptable et affirme avoir été physiquement bousculé alors qu’il portait son écharpe officielle, symbole de son autorité.
Face à la polémique, Kenny Ongouri a livré sa version des faits. Selon lui, tout serait parti d’un contrôle mené dans le cadre du recouvrement des recettes municipales. Alerté par ses collaborateurs sur des tensions grandissantes sur le terrain, il explique avoir d’abord demandé aux agents de faire venir les gendarmes afin d’échanger avec eux. Devant leur refus, il décide de se rendre lui-même sur les lieux.
À son arrivée, le maire adjoint affirme avoir simplement demandé que le contrôle soit suspendu, le temps de vérifier l’ordre de mission et d’examiner le dossier dans un cadre administratif. Une demande qui, selon lui, aurait immédiatement fait monter la tension.
« Je voulais seulement faire respecter la loi », assure-t-il. D’après son témoignage, un gendarme lui aurait répondu qu’il ne recevait d’instructions que du maire central de Libreville avant de le secouer à plusieurs reprises.
Estimant que son statut d’autorité municipale n’était pas reconnu, Kenny Ongouri raconte avoir demandé qu’on lui remette son écharpe officielle. Mais loin d’apaiser la situation, ce geste aurait, selon lui, aggravé les choses.
« Il m’a secoué alors que je portais l’écharpe. Ce n’est pas seulement un manque de respect envers ma personne, c’est une atteinte à un symbole de la République. Il a violé les règles et insulté le drapeau », déclare l’élu.
Plusieurs internautes s’interrogent sur la présence même de la gendarmerie dans une opération qu’ils estiment relever exclusivement des services municipaux. Selon eux, plusieurs bars du secteur et d’autres quartiers de Libreville auraient été fermés parce que leurs responsables ne disposaient pas de certains documents administratifs et devaient s’acquitter d’environ 150 000 FCFA pour régulariser leur situation.
« Depuis quand la gendarmerie fait-t-elle le recouvrement des recettes municipales ? Cette mission appartient aux agents de l’Hôtel de Ville, accompagnés par la police municipale. Ce n’est pas le rôle des gendarmes », affirment les riverains , appelant les autorités à ne pas cautionner de telles pratiques.
Le maire adjoint estime également qu’un militaire est tenu à un devoir de retenue lorsqu’il fait face à une autorité municipale revêtue de son écharpe. Selon son récit, de nombreux riverains ont assisté à la scène et l’ont filmée, expliquant ainsi la rapide viralité des images sur internet.
Il affirme avoir retenu le gendarme sur place dans l’attente de sa hiérarchie afin que celle-ci puisse constater les faits qu’il dénonce. Il dit également avoir été surpris d’entendre certains agents municipaux présents minimiser la portée de son écharpe en évoquant une « simple fonction politique », une appréciation qu’il rejette catégoriquement. « C’est sur la base de cette fonction que les maires sont élus. Elle incarne l’autorité municipale de la République », rappelle-t-il.
Pour l’heure, la gendarmerie nationale ne s’est pas encore exprimée sur cette affaire. En attendant une éventuelle réaction officielle, cette altercation continue d’alimenter les débats, soulevant des interrogations sur les limites des prérogatives des différents corps intervenant dans les opérations de contrôle à Libreville et ses environs.
Camille Boussoughou
