Etimboué : Quels mécanismes pour le financement du développement local ?

La salle du Canal Mandji de Port-Gentil a abrité, mercredi, une table ronde de plaidoyer et de mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre du Plan de développement local du département d’Étimboué, province de l’Ogooué-Maritime (littoral sud). À l’initiative du Sénateur Georges Mpaga, la rencontre qui s’est tenue sous le thème : « Pour une mobilisation stratégique des ressources : la décentralisation au service des projets structurants de nos territoires », a connu la participation des représentants du secteur privé, des élus, des partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs de la société civile

Le Sénateur du département d’Étimboué y a défendu une vision de la décentralisation fondée sur l’action et l’autonomie économique locale. « Le Plan de développement local que nous défendons n’est pas un catalogue d’intentions. C’est la feuille de route de notre souveraineté économique locale »,, a déclaré Georges Mpaga, appelant à rompre avec « la dépendance exclusive vis-à-vis des dotations budgétaires de l’État ».

L’élu de la contrée a mis en avant plusieurs projets structurants, notamment la création de zones d’activités agricoles et halieutiques intégrées, l’aménagement d’infrastructures de transport multimodal et le développement d’un écotourisme communautaire. Selon lui, ces investissements doivent permettre de transformer durablement l’économie locale et de fixer la jeunesse sur son territoire.

Le Président du Conseil départemental d’Étimboué, Hans Ogoula, a insisté sur le rôle central des collectivités dans la réussite de la décentralisation. « Le Conseil départemental ne sera pas un simple spectateur des réformes préconisées. Il sera l’acteur de premier plan, le moteur principal et le bouclier du développement socio-économique de notre département », a-t-il affirmé.

Il a également souligné que chaque décision locale devait répondre à une exigence concrète : améliorer la vie quotidienne des populations, y compris dans les villages les plus reculés.

Invité à réagir sur les mécanismes de financement, Marcellin Nziengui, Secrétaire technique permanent de ‘’Initiative pour la transparence des industries extractives’’ (ITIE Gabon), a fait savoir que : « Il y a trois leviers dans la stratégie de mobilisation des ressources : le levier étatique, les partenariats public-privé et les mécanismes financiers sectoriels, notamment la finance verte et la responsabilité sociétale des entreprises », a-t-il expliqué.  

L’expert a précisé qu’une enveloppe de 50 milliards de Francs CFA sur cinq ans, soit environ 10 milliards par an, constitue « le montant minimum pour démarrer » la mise en œuvre du plan. Il a toutefois insisté sur la nécessité de réaliser des études de faisabilité afin de dimensionner les projets et d’évaluer leur impact réel en matière d’emplois et de développement. 

À l’issue des échanges, les participants ont convenu de poursuivre les consultations techniques et de renforcer la coordination entre la collectivité, l’État, les entreprises et partenaires au développement afin de faire d’Étimboué un modèle de décentralisation orienté vers les résultats.

M.-O. Mignonne et Jean-Jacques Rovaria Djodji

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