Alboury Ndiaye : le souvenir d’un fils musulman qui aimait les siens, disparu très tôt à Libreville

La mémoire du musulman Alboury Ndiaye a été commémorée le  avril 2026 lors d’une journée de recueillement à Libreville réunissant famille et proches. Une cérémonie marquée par le témoignage bouleversant de sa mère, Marie Eugénie. Il portait le nom d’un roi. Il aura vécu avec la discrétion d’un homme simple, profondément attaché aux siens.

Le 10 avril, entre la mosquée et le domicile familial, parents et amis se sont retrouvés pour honorer la mémoire d’Alboury Ndiaye, né le 24 septembre 1969 et décédé à l’âge de 56 ans.  C’est la voix de Marie Eugénie qui a dominé la journée. Debout devant l’assemblée, elle a parlé de son fils avec cette franchise que seul le deuil autorise. « C’était mon fils. Je l’ai porté, je l’ai bercé, je l’ai frappé… parce que c’était mon fils ».

En quelques mots, elle a tout dit : l’amour sans condition, l’éducation exigeante, et ce lien que la mort interrompt sans jamais vraiment effacer. Pour cette mère, la mort d’Alboury constitue une rupture de l’ordre naturel des choses.

La famille d’Alboury Ndiaye, visiblement déboussolée de la disparition de son membre  © D.R

« C’est lui qui devait me dire adieu, ce n’est pas l’inverse. Je pensais que c’était lui qui allait m’enterrer », a-t-elle confié, le regard perdu dans un silence que même la foi peine à remplir.

Parmi les images qui lui restent, Marie Eugénie revient souvent sur un voyage effectué peu de temps avant le drame, à Dakar et Saint-Louis. Alboury, alors veuf, avait souhaité que sa mère l’accompagne pour rendre visite à sa belle-famille. Durant deux semaines, il l’avait entourée d’une attention constante, veillant à ce qu’elle ne manque de rien.

« Il nous a mis en haut », répète-elle, résumant en trois mots la générosité tranquille d’un homme qui honorait les siens sans en faire étalage.

Deux jours avant sa mort, mère et fils échangeaient encore des textos. Des messages ordinaires, sans doute, comme on en envoie sans imaginer qu’ils pourraient être les derniers. Marie Eugénie les relit aujourd’hui, la nuit, cherchant dans ces quelques lignes la trace d’un fils qu’elle décrit comme « aimable, poli et respectueux ».

À la mosquée, les prières ont accompagné l’âme d’Alboury, petit-fils de Bala Ndiaye. Dans la douleur collective, une forme d’apaisement a fini par s’installer, portée par la foi. « Dieu en a décidé. C’est son jour », a-t-on entendu.

Une formule de résignation spirituelle, qui, dans ces moments-là, dit à la fois l’impuissance et l’acceptation. Alboury Ndiaye est parti à mi-chemin d’une vie. Mais dans le souvenir de ceux qui l’ont connu, il laisse l’image d’un homme qui a su, jusqu’au bout, prendre soin des autres.

Antoine Relaxe

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