Route Cité des Médecins–Mindoubé : A peine construite, déjà menacée

À peine livrée et mise en service, la nouvelle route en béton, reliant la Cité des Médecins à Mindoubé (sortie EM Gabon Université) suscite déjà des inquiétudes. Si le tronçon a considérablement amélioré la circulation dans cette zone en pleine expansion, des signes précoces de fragilisation apparaissent sur certains segments, notamment en raison de la nature marécageuse des terrains environnants. Des fuites d’eau à maints endroits sur les installations de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), en rajoutent à la mort programme de cette route secondaire destinée à décongestionner la circulation dans ce vaste et  »populeux » quartier du 5ème arrondissement de Libreville.

Sur le terrain, des traces d’humidité persistante sont visibles aux abords de la chaussée. Par endroits, de l’eau semble remonter à travers les joints et microfissures du revêtement en béton. Ce phénomène, dû pour l’essentiellement à des remontées des eaux refoulées par la nappe phréatique, pourrait à terme compromettre la stabilité de la structure si des dispositifs de drainage adaptés ne sont pas renforcés.

Dans les zones latérales, le sol plutôt meuble, régulièrement gorgé d’eau, témoigne d’une saturation hydrique quasi permanente. L’absence apparente de caniveaux profonds ou de fossés d’évacuation suffisants favorise la stagnation des eaux. Or, sur des terrains marécageux, la pression hydrostatique exercée sous la dalle peut provoquer fissurations, affaissements différentiels et dégradation prématurée du revêtement.

« On constate déjà que certaines parties restent humides en permanence. Avec les pluies actuelles, l’eau ne s’évacue pas correctement », fait observer Serge Mapangou, étudiant en médecine, la trentaine, habitant le secteur. Selon lui, la situation pourrait empirer si les précipitations se poursuivent au rythme du moment.

Même inquiétude chez Armelle Milébou, 40 ans, biologiste, installée à proximité de la voie.  « Ici, le terrain a toujours été gorgé d’eau. Pendant la grande saison des pluies, tout déborde. Si la route n’est pas bien protégée contre l’humidité, elle risque de se fissurer rapidement », prévient-elle.

Dans les zones à forte contrainte hydrique, la durabilité d’une route dépend essentiellement de la qualité du traitement des sols et de l’efficacité du système d’assainissement. En pleine saison des pluies, cette réalité apparaît avec acuité sur l’axe Cité des Médecins–Mindoubé.

Les populations installées le long de cette précieuse voie secondaire et les usagers de la route, qui se posent bien de questions sur la fiabilité des études de terrain menées et des matériaux utilisés, espèrent désormais que des mesures correctives soient appliquées, afin d’éviter qu’un ouvrage récent ne se détériore plus tôt que prévu. Quel gâchis !

Féeodora Madiba et Christina Thélin Ondo

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