Pêches maritimes au Gabon : un tournant pour une économie bleue performante

La Banque mondiale a renforcé son engagement aux côtés du Gabon en faveur d’une gouvernance durable des ressources halieutiques en organisant, mercredi 25 février 2026, au Complexe Hôtelier de la Sablière (ex-Maïsha), un atelier de restitution des livrables du projet d’assistance technique PROBLUE intitulé « Vers un développement durable des pêches maritimes au Gabon». Conduite par sa représentante résidente au Gabon, Aïssatou Diallo, et placée sous l’égide du Ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Economie Bleue, Aimé Martial Massamba, cette rencontre stratégique a permis de présenter les principaux résultats du diagnostic sectoriel, d’en dégager des recommandations structurantes et d’engager les parties prenantes autour des modalités concrètes de mise en œuvre.

Présenté dans le cadre du projet « Développement durable du secteur de la pêche maritime au Gabon » (P505048), financé par le fonds PROBLUE et mis en œuvre en collaboration avec le gouvernement gabonais, le diagnostic a mis en lumière un paradoxe majeur : un potentiel maritime confirmé, mais une contribution économique en deçà des attentes. Préparé sous la direction de Samira El Khamlichi, cheffe d’équipe du projet (Task Team Leader) et spécialiste principale en environnement pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, avec l’appui technique d’Abdelmalek Faraj, consultant principal, et de Louis Gabriel Pambo, consultant local.

Participants à l’atelier de restitution

« Le rapport a analysé le cadre réglementaire ainsi que le système de collecte des données. Il en ressort que, malgré un corpus juridique dense et des ressources abondantes, le secteur souffre d’un pilotage encore trop administratif, d’une absence de données consolidées depuis 2014 et d’une structuration insuffisante des chaînes de valeur, limitant son rôle dans la diversification économique et la construction d’une économie bleue performante », a souligné Samira El Khamlichi, cheffe d’équipe du projet.

Aimé Martial Massamba Ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Economie Bleue, (milieu) et Aïssatou Diallo, représentante résidente de la Banque mondiale au Gabon (gauche).

Au cœur des échanges, le ministre Aimé Martial Massamba a insisté sur l’urgence d’une transformation structurelle du secteur. « Notre ambition est claire : rendre le secteur de la pêche plus performant, plus durable et plus inclusif », s’est-il exprimé. Revenant sur les conclusions de l’étude, il a souligné que « les conclusions du diagnostic ont fait l’objet d’un large consensus et appellent désormais à l’engagement rapide des réformes proposées ».

Pour le membre du gouvernement, l’enjeu dépasse la simple régulation administrative : « À travers cette assistance technique financée par PROBLUE, la Banque mondiale démontre son engagement à accompagner le Gabon dans la maîtrise d’un secteur stratégique pour notre souveraineté économique, alimentaire et nutritionnelle ».

Même tonalité du côté de la Banque mondiale. « Le secteur de la pêche maritime au Gabon dépasse largement sa dimension économique. Il est au cœur des enjeux de sécurité alimentaire, de création d’emplois, de valorisation des ressources nationales et de préservation des écosystèmes marins », souligne Aïssatou Diallo, représentante résidente de la Banque mondiale au Gabon.

« Notre objectif commun est de transformer ce potentiel en résultats concrets pour les communautés et pour les écosystèmes marins », déclare-t-elle, réaffirmant l’engagement de l’institution aux côtés du gouvernement gabonais.

Face à ce constat, les experts préconisent un changement de paradigme : passer d’une logique de simple régulation à un pilotage stratégique intégré. Les réformes proposées portent sur la professionnalisation progressive de la pêche artisanale, la révision du système d’accès à la ressource et des redevances, la modernisation des plans d’aménagement, ainsi que la refondation complète du système statistique national à travers la digitalisation et la responsabilisation des opérateurs.

L’État serait appelé à recentrer son action sur la planification stratégique, l’investissement structurant et la régulation économique, afin d’accroître la valeur ajoutée domestique, de renforcer la souveraineté alimentaire et de positionner durablement le Gabon comme acteur crédible de l’économie bleue régionale.

Nkili Akieme

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