Au Gabon, le recours aux Réseaux privés virtuels (VPN), devenus une bouée de sauvetage pour contourner la suspension des réseaux sociaux décidée par la Haute Autorité de la Communication (HAC), est désormais fortement compromis. Depuis plusieurs heures, de nombreux usagers signalent l’impossibilité d’accéder aux plateformes permettant de télécharger ces outils.
Selon plusieurs témoignages recueillis, les principaux sites et magasins d’applications proposant des VPN sont devenus inaccessibles, rendant leur installation quasi impossible pour les internautes cherchant à contourner les restrictions. Cette évolution intervient alors que, dès l’annonce de la décision de la HAC, le recours aux VPN avait explosé dans le pays.
Le média en ligne Gabon Media Time évoque une hausse pouvant atteindre 2 500 % des téléchargements dans les heures ayant suivi la suspension des réseaux sociaux, signe d’une ruée massive des utilisateurs vers ces solutions de contournement.
S’étant rendu compte de cette « défiance », les autorités semblent déterminées à assurer l’application stricte de la mesure. Des observateurs estiment que des moyens techniques supplémentaires auraient été mobilisés par l’Etat afin de renforcer le verrouillage des plateformes et des réseaux sociaux ciblés.
Cette nouvelle restriction complique davantage l’accès à l’information et aux outils de communication numérique, dans un contexte déjà marqué par une forte dépendance aux réseaux sociaux pour les échanges professionnels, commerciaux et familiaux.
À ce stade, aucune communication officielle supplémentaire n’a été publiée pour confirmer les mesures techniques mises en place ni leur durée.
Les internautes gabonais doivent composer avec un espace numérique fortement restreint. You Tube, Tik Tok et Facebook sont les réseaux sociaux les plus impactés.
Un léger mieux a été constaté avec WhatsApp, le réseau social le plus utilisé dans le pays pour les appels téléphoniques et l’échange des données. Il reste que télécharger des fichiers via WhatsApp est très aléatoire. Y compris les appels téléphoniques.
Officiellement, les réseaux sociaux sont suspendus pour une durée indéterminée après que la HAC ait constaté « la diffusion récurrente » de contenus « inappropriés, diffamatoires, haineux, injurieux », susceptibles de porter atteinte « à la stabilité des Institutions de la République » et à « la sécurité nationale ».
Camille Boussoughou
