Recherches et financements : Lee White alerte sur la marginalisation du bassin du Congo

Le biologiste et ancien ministre gabonais des Eaux et Forêts, Lee White, met en lumière le déficit d’attention scientifique et financière dont souffre le bassin du Congo, pourtant considéré comme l’un des principaux réservoirs forestiers mondiaux aux côtés de l’Amazonie. Cette situation, selon lui, limite les efforts de conservation dans une région essentielle à l’équilibre climatique global.

Dans une publication récente, il souligne le déséquilibre entre les deux espaces forestiers : « Le bassin du Congo et l’Amazonie forment ensemble le cœur vert vivant de notre planète. Pourtant, le bassin du Congo reste bien moins étudié, bien moins doté de ressources et bien moins compris ».

Pour illustrer cette disparité, il évoque le faible nombre de chercheurs travaillant sur la zone, estimé à une centaine de scientifiques de l’environnement, contre plus de 6 000 en Amazonie.

L’inégalité apparaît également dans la répartition des financements internationaux. Entre 2008 et 2017, le bassin du Congo n’aurait reçu que 11,5 % des flux destinés à la protection et à la gestion durable des forêts tropicales, loin derrière l’Asie du Sud-Est et l’Amazonie. Une nouvelle distribution des fonds mondiaux en 2021 aurait encore accentué cet écart, compliquant la mise en œuvre de programmes de conservation d’envergure.

Pour le docteur Richard Sufo Kankeu, coordinateur scientifique du programme RESSAC, cette situation s’explique en partie par des facteurs structurels. S’appuyant sur des travaux du CIFOR‑ICRAF, il estime que la difficulté d’accès aux financements verts tient notamment à la fragilité institutionnelle dans la sous-région « le gros souci qu’il y a au niveau de l’accueil des financements en Afrique centrale, est dû à la fragilité de nos institutions qui ne sont pas assez structurées pour recevoir ces financements ».

Au-delà de ce constat, plusieurs pistes sont évoquées pour renforcer la position des pays du bassin du Congo, notamment le développement des politiques de recherche, l’amélioration des capacités de montage de projets et une stratégie plus active dans les négociations climatiques internationales. Une telle évolution permettrait de passer d’une logique de demande d’aide à des partenariats structurés autour d’intérêts partagés.

Darene Mabelle Ayingone

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