Dans un réquisitoire particulièrement sévère, l’ancien candidat malheureux à la présidentielle d’avril 2024, Germain Stéphane Iloko Boussengui, a de nouveau porté une estocade contre le régime en place, qu’il accuse de mener une entreprise méthodique de précarisation sociale, de captation des ressources publiques et de verrouillage du pouvoir. « La politique de l’autruche mène au précipice (…) Le Gabon, notre pays, est aujourd’hui à son point de bascule », croit-il renseigner.
A lumière de l’animation du débat politique et des interventions enregistrées ces derniers jours, Germain Stéphane Iloko Boussengui, fait observer pour le déplorer, le recyclage massif des cadres du système déchu dans le nouvel attelage politique.
Pour lui, le coup d’état du 30 août 2023, présenté comme une rupture salvatrice, se serait, hélas, mué en opération de continuité déguisée, sous le vernis trompeur de l’inclusivité.
Si les dirigeants et les membres du parlement actuel croient avoir été confortablement élus, l’ancien candidat à la présidentielle y voit un leurre, une contre-vérité flagrante ; d’autant que cette majorité serait artificielle, née de pratiques contestables, de manipulations grossières et d’un processus électoral verrouillé, souligne-t-il.

Selon lui, l’actuelle majorité aurait été obtenue non par l’adhésion populaire, mais par des méthodes d’un autre temps. Et affirmer que l’opposition n’a aucune leçon à donner au régime en place sonne absolument faux à ses oreilles.
« C’est même indécent. Car ceux qui gouvernent aujourd’hui sont les mêmes qui hier dénonçaient le tripatouillage électoral, les lois taillées sur mesure, la confiscation des institutions et la confusion des pouvoirs », a-t-il asséné.
Comment ose-t-on dénoncer un système dont on a été à la fois l’architecte, le complice et le bénéficiaire ? s’interroge alors Iloko Boussengui qui refuse à se faire le complice d’une gouvernance et d’un régime qui mènent le pays à vau-l’eau ; à cause d’un pouvoir confisqué par un cercle restreint de copains, de coquins et de consanguins, fustige-t-il.
« Le Gabon traverse une crise systémique, une architecture institutionnelle bancale, un Vice-président du gouvernement sans président, simplement le second d’un chef du gouvernement, un parlement monocolore réduit à une chambre d’enregistrement, des enseignants en grève depuis des mois, une vie chère qui écrase les ménages, des pharmacies refusant désormais de prendre en charge les ordonnances de la CNAMGS, des soignants privés de leurs droits, un secteur pétrolier en ébullition, des soupçons persistants de conflits d’intérêts au sommet de l’État », s’alarme-t-il.
Il reste une certitude dans l’entendement de Germain Stéphane Iloko Boussengui : convoquer des assises nationales pour rompre avec le mépris, l’arrogance et l’esprit de suffisance. A défaut, « la majorité actuelle portera seule la responsabilité de l’implosion à venir et inévitable, car l’histoire est implacable. La politique de l’autruche ne sauve jamais un régime. Elle précipite sa chute », prévient-il.
M.-O. Mignonne
