Bob Mengome privé de visites à la Prison centrale de Libreville : SOS Prisonniers Gabon interpelle le Procureur général

Incarcéré depuis le 19 janvier 2026 pour des faits de trouble à l’ordre public, Bob MENGOME alias matricule 212 « candidat à la mort » serait privé de tout contact avec sa famille depuis son placement en détention préventive. Face à ce qu’elle qualifie de violation grave des droits humains, l’ONG SOS Prisonniers Gabon a saisi, ce lundi 9 février 2026, le Procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville.

Une détention marquée par une privation de droits fondamentaux

Selon SOS Prisonniers Gabon, la famille de Bob MENGOME se heurte, depuis plusieurs semaines, à un refus systématique de visites à la Prison centrale de Libreville, et ce malgré la présentation régulière d’un permis de communiquer délivré par le tribunal compétent. « Aucune décision écrite, motivée ou légalement notifiée ne justifie ce refus », affirme l’organisation. Le dimanche 8 février 2026, ses parents se sont à nouveau rendus à l’établissement pénitentiaire, mais « l’accès leur a été refusé sans la moindre explication ». Depuis lors, « la famille n’a aucune nouvelle du détenu », une situation que l’ONG qualifie d’alarmante.

Une atteinte à la présomption d’innocence et aux normes juridiques

Rappelant que Bob MENGOME n’a pas encore été jugé, SOS Prisonniers Gabon insiste sur le fait qu’il « bénéficie pleinement de la présomption d’innocence » et que « toute restriction à ses droits doit être strictement nécessaire et légalement motivée ». L’organisation évoque une violation manifeste de l’article 23 de l’Arrêté n°0018 portant règlement intérieur des établissements pénitentiaires, qui « garantit trois visites par semaine au détenu muni d’un permis de communiquer ». Pour SOS Prisonniers Gabon, « la privation prolongée de contacts familiaux porte gravement atteinte à la dignité humaine, à l’équilibre psychologique du détenu et à ses droits fondamentaux ».

La question du respect des droits des détenus demeure au cœur des préoccupations des organisations de défense des droits humains au Gabon. La détention préventive, en particulier, fait régulièrement l’objet de critiques lorsqu’elle s’accompagne de restrictions non justifiées. SOS Prisonniers Gabon rappelle que ces pratiques sont contraires non seulement à la Constitution gabonaise, mais aussi aux engagements internationaux du pays, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et les Règles Nelson Mandela. À travers cette saisine du Procureur général, l’ONG dit vouloir « alerter sur une situation grave et obtenir le rétablissement immédiat des droits de visite et de communication de Bob MENGOME », réaffirmant ainsi son combat pour le respect de la dignité humaine en milieu carcéral.

Nkili Akieme

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