Minvoul /Haut-Ntem: les motos interdites de circulation pour trois mois

À la suite d’un tragique accident de motos ayant coûté la vie à plusieurs jeunes dans le département du Haut-Ntem, le préfet a pris un arrêté interdisant, à titre conservatoire, la circulation des motos pour une durée de trois mois. Si l’objectif affiché est la préservation de l’ordre public et la sécurité des populations, la décision suscite de vives interrogations dans une localité fortement dépendante de ce moyen de transport.

Profondément marqué par le drame récent, le département du Haut-Ntem, notamment la commune de Minvoul, tente de panser ses plaies. En réaction à cet accident mortel, le préfet, première autorité départementale, a convoqué une réunion de crise au terme de laquelle une mesure forte a été arrêtée. Par un arrêté préfectoral signé le 2 février 2026, la circulation des motos est interdite pour une durée de trois mois. Toutefois, cette interdiction connaît une exception : les motos disposant de toutes les pièces administratives et techniques en règle — immatriculation, assurance, permis de conduire, port du casque — restent autorisées à circuler, conformément à la réglementation en vigueur.

Document justificatif

Si cette décision s’inscrit dans une logique de prévention et de sécurisation des usagers de la route, elle soulève néanmoins de sérieuses préoccupations au sein des populations locales. Minvoul fait face à un déficit criant de moyens de transport alternatifs, marqué par l’absence de taxis urbains et de véhicules de transport départementaux. Dans ce contexte, la moto demeure le principal, voire l’unique, moyen de déplacement pour de nombreux habitants, aussi bien pour l’accès aux services essentiels que pour les activités socio-économiques.

Plusieurs voix appellent ainsi les autorités à accompagner cette mesure restrictive par des solutions concrètes, tout en plaidant pour des actions plus structurelles et durables : lutte contre la surcharge, limitation à deux personnes par moto, port obligatoire du casque pour conducteur et passager, et mise en place de services de visite technique. Autant de mesures jugées plus efficaces pour renforcer durablement la sécurité routière sans asphyxier la mobilité locale.

Le tragique accident de motos survenu dans la nuit du 30 janvier 2026 au village d’Ebomane, dans le département du Haut-Ntem (province du Woleu-Ntem), a fait trois morts et plusieurs blessés graves. Selon des sources concordantes, deux motos roulant à vive allure seraient entrées en collision dans des circonstances dramatiques, l’une d’elles arrivant du carrefour pendant que l’autre effectuait une manœuvre dangereuse.

Parmi les victimes figuraient des jeunes conducteurs et passagers, notamment une femme transportant sa famille, qui ont succombé sur le champ ou en cours d’évacuation vers Oyem pour des soins d’urgence. Ce nouveau drame relance le débat sur l’insécurité routière, la vitesse excessive, la circulation sans éclairage et l’absence de port de casque — autant de facteurs considérés comme aggravants dans cette collision meurtrière.

Nkili Akieme

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