Réunis en assemblée générale à Port-Gentil (littoral sud), les taximen membres de la Fédération gabonaise des syndicats des transporteurs et assimilés (FEGASTA) ont relevé nombre de dysfonctionnements et goulots étranglement à l’origine du malaise actuel dans le secteur du transport en commun dans la capitale économique.
L’un des points les plus sensibles reste l’obligation récente faite aux chauffeurs de taxi de porter une blouse bleue à l’effigie de la municipalité. Une décision qualifiée d’arbitraire par les conducteurs, qui dénoncent l’absence de concertation, le coût élevé de la tenue (16 000 FCFA les deux blouses) et le caractère contraignant de la mesure.
Autre sujet d’inquiétude, la prolifération des taxis informels, communément appelés « clandos ». Ces véhicules, souvent hors cadre légal, pratiquent des tarifs bas et opèrent sans contraintes administratives, au détriment des taximen réguliers soumis à des taxes, assurances et différentes autres obligations. Une situation vécue comme une injustice flagrante.
Le stationnement désorganisé autour des grands marchés, notamment au Grand-Village, constitue également un point de crispation. L’absence de zones dédiées expose les chauffeurs à des contrôles répétés de la police municipale et accentue les tensions avec les commerçants et les usagers.

À cela s’ajoute la pagaille chronique lors de l’embarquement et du débarquement des clients, particulièrement visible au marché de la Balise et au Camp Boireau. En l’absence de règles claires, ronds-points et carrefours deviennent des zones de concurrence exacerbée, parfois dangereuses.
Au terme de cette assemblée générale, la FEGASTA dresse le constat d’un secteur sous tension, partagé entre volonté de professionnalisation et sentiment d’abandon. Les taximen réclament une concertation permanente avec la mairie, une lutte efficace contre les clandos, une organisation claire des zones de stationnement et d’embarquement ; ainsi que des mesures d’accompagnement réalistes.
Ayant déjà saisi le cabinet du maire de Port-Gentil, les responsables syndicaux appellent l’autorité municipale à prendre ses responsabilités, « parce que cette année ce qui a été décidé c’est que nous ne payerons aucune patente, aucun agrément, si ces situations ne sont pas résolues », préviennent les leaders de la FEGASTA se disent malgré tout ouverts au dialogue.
M.-O. Mignonne et Jean-Jacques Rovaria Djodji
