Dans un contexte de tensions croissantes au sein des institutions académiques gabonaises, le Collectif Intelligentsia a franchi un cap décisif ce lundi. Réuni en assemblée générale sur le Campus de l’Université Omar Bongo (UOB) de Libreville,, le groupe a voté à l’unanimité pour se muer en syndicat, avec pour mission principale de défendre les droits des enseignants-chercheurs et chercheurs.
Cette décision unanime, qui pourrait redessiner le paysage syndical et influencer les négociations à venir avec le gouvernement, vise à offrir une “troisième voie” dans un secteur souvent dominé par des structures existantes comme le Syndicat national des enseignants du supérieur (SNEC).

Jean Mariole Kombila, figure clé du mouvement, a livré une déclaration limpide lors de cette assemblée : «Il a été décidé par un vote à l’unanimité que, premièrement, le collectif bascule en syndicat afin de défendre les droits des enseignants-chercheurs et chercheurs. Deuxièmement, le collectif prendra une part très active à la commission tripartite que l’exécutif mettra en place dans les tous prochains jours ».
Ces mots, prononcés avec conviction, soulignent l’ambition du nouveau syndicat de s’impliquer directement dans les discussions avec le gouvernement, notamment via la commission tripartite promise par l’exécutif pour aborder les problèmes qui minent le secteur.
Le mouvement Intelligentsia a émergé il y a moins de deux semaines, à la suite de discussions intenses entre universitaires de plusieurs établissements phares : l’Institut national de gestion (INGS), l’Institut de gestion, l’Université Omar Bongo, l’Institut supérieur de technologie (IST) et l’Université des sciences et techniques de Masuku (USTM).
“À l’issue des échanges, nous avons estimé qu’il était nécessaire de porter une troisième voie pour poser nos problèmes avec une application particulière”, a expliqué Dr Jean Mariole Kombila Yebe. Ce désir de contribution active activement est confortée par les déclarations le préavis de grève déposé par le SNEC.
Pour l’heure, Intelligentsia adopte une posture prudente vis-à-vis du SNEC, dont l’assemblée générale est prévue ce mardi.
«À l’issue de cette assemblée générale, nous allons entendre les décisions portées par la base du SNEC. Si le SNEC se positionne en faveur d’une grève ou en faveur d’un travail dans les commissions mises en place par l’exécutif, nous allons discuter ensemble. Aucune prise de position ferme n’est annoncée pour le moment. On va attendre d’abord leur position. Et à partir de là, on pourra voir ensemble si oui ou non », indique le porte parole du Collectif.
Cet appel à la mobilisation massive des enseignants-chercheurs et chercheurs pourrait bien marquer un tournant. En se positionnant comme une force complémentaire, Intelligentsia invite à une unité renouvelée face aux défis persistants de l’enseignement supérieur gabonais.
Darène Mabelle Ayingone & Frida Dodo
