Grève des enseignants / Port-Gentil : Mintsa et Mpaga plutôt perçus comme des traitres

Alors que s’achève la 3ème semaine de la grève qui paralyse l’école gabonaise, l’épisode survenu à Port-Gentil, où le syndicaliste Pierre Mintsa et l’acteur de la société civile Georges Mpaga ont été hués puis contraints de quitter une rencontre avec des enseignants en colère, illustre la profondeur de la crise qui oppose le Collectif SOS Éducation aux autorités. Loin d’un simple incident, cette scène traduit une défiance grandissante envers les méthodes de gestion du conflit social dans le secteur éducatif, autant qu’elle révèle une profonde crise de confiance.

Présentés comme des médiateurs chargés de faciliter le dialogue entre les enseignants et le ministère de l’Éducation nationale, les deux acteurs de la société civile ont été perçus par la base enseignante de Port-Gentil comme des relais du pouvoir, plutôt que comme des intermédiaires crédibles.

Le rejet de cette tentative de médiation révèle une rupture de confiance plus large entre le monde enseignant et les autorités. Pour de nombreux grévistes, la sortie de crise ne peut passer par des démarches symboliques ou de communication, mais par des engagements clairs et des réponses concrètes aux problèmes structurels du système éducatif.

À Port-Gentil, le message paraît limpide : sans dialogue direct et crédible, la crise risque de s’enliser davantage. Cet épisode agit comme un avertissement sur les limites d’une gouvernance sociale perçue comme distante, à un moment où la parole de la base enseignante se fait de plus en plus frontale.

En grève depuis le 5 janvier, les enseignants dénoncent des réponses jugées insuffisantes à leurs revendications, ainsi qu’une approche qu’ils estiment répressive, marquée par l’arrestation de responsables syndicaux. Le Collectif SOS Education sera à nouveau sur le pont avec une Assemblée générale prévue ce samedi à Libreville.

« Ce que nous traversons me touche profondément. Savoir que les salles de classe sont silencieuses, alors qu’elles devraient résonner de savoir, d’esprit et de vie me bouleverse », a déploré, dans un post pris sur son compte Méta personnel (ancien Facebook), la ministre de l’Education nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq.

Alph ’-Whilem Eslie et Jean-Jacques Rovaria Djodji

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