Le Président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a pris part jeudi à Brazzaville, à Brazzaville (Congo) au sommet extraordinaire de la CEMAC dont l’ordre du jour était axé la situation financière de la région et la conclusion des programmes économiques avec le Fonds monétaire international (FMI) afin d’éviter un effondrement de l’économie régionale.
Dans son discours devant ses paires, Oligui Nguema a appelé à des décisions fermes pour protéger la monnaie et le pouvoir d’achat des populations des pays membres de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC).
Le sommet s’est tenu sous la présidence du président congolais, Denis Sassou Nguesso, en sa qualité de Président en exercice de l’organisation.
Dans son allocution d’ouverture, le Président Sassou Nguesso a salué la résilience des économies d’Afrique centrale, marquée par un retour progressif de la croissance et une inflation maîtrisée. Il a souligné l’impératif de traduire les réformes engagées en résultats tangibles, au bénéfice direct des populations.
Au cours des travaux, le Chef de l’État gabonais a porté une position claire et responsable : la stabilité du Franc CFA est une condition essentielle de la protection du pouvoir d’achat, de la crédibilité des États et de la souveraineté économique de la sous-région.
Les échanges entre Chefs d’État ont permis de dégager un consensus sur un ensemble de mesures immédiates et structurantes destinées à renforcer la solidité financière de la zone CEMAC et à préserver la monnaie commune.
À cet effet, les Chefs d’État ont validé un plan d’action rigoureux articulé autour du apatriement des recettes d’exportation : obligation stricte faite aux acteurs économiques, notamment du secteur extractif, de rapatrier leurs devises afin de renforcer durablement les réserves de change.
Les dirigeants de la région ont exigé une discipline budgétaire : alignement renforcé des politiques nationales sur les critères de convergence communautaires et les programmes conclus avec le FMI.
Ils veulent aussi une transparence et gouvernance financière : généralisation du Compte Unique du Trésor et accélération de la digitalisation des régies financières.
Les chefs de l’Etat ont plaidé pour une souveraineté économique et alimentaire : soutien affirmé à une stratégie de substitution aux importations afin de réduire la dépendance extérieure et de sécuriser l’approvisionnement des populations.
Par sa participation active le Chef de l’État gabonais a réaffirmé le rôle du Gabon comme acteur central de la stabilité économique et monétaire en Afrique centrale, dans un contexte exigeant des décisions courageuses, coordonnées et responsables.
Le Sommet s’est achevé par une instruction ferme donnée à la Commission de la CEMAC et à la BEAC de produire, avant les réunions de printemps d’avril 2026, un rapport d’étape précis, assorti d’indicateurs mesurables et de calendriers de mise en œuvre.
Quatre chef d’Etat de la CEMAC sur six ont participé à la rencontre de Brazzaville. En plus du président hôte et à celui du Gabon il y avait Teodoro Obiang Nguema (Guinée Equatoriale) et Faustin Archange Touadera (Centrafrique). Celui du Cameroun, Paul Biya et du Tchad Mahamat Idriss Deby Itno étaient absents.
Marie Dorothée
