Éducation : les cours reprennent progressivement, selon le ministre, faux retorque SOS Éducation

Alors que le ministère de l’Éducation nationale annonce une reprise progressive des cours dans certains établissements de Libreville, le mouvement SOS Éducation, à l’origine de la grève déclenchée le 10 décembre dernier, maintient la pression et se félicite de l’adhésion massive des enseignants à son mot d’ordre.

Dans une publication accompagnée de photos, la ministre de l’Éducation nationale, Carmelia Ntoutoutme Leclercq, a affirmé que les activités pédagogiques ont timidement repris ce lundi 19 janvier 2026 dans deux écoles publiques de la capitale.
« Reprise progressive des cours, ce lundi 19 janvier 2026 à l’école publique de Nzeng-Ayong 2 et à l’école publique de Montalier », a-t-elle écrit à l’issue d’une visite matinale dans ces établissements.

Cette sortie de la ministre intervient au lendemain d’un communiqué du ministère appelant les parents d’élèves à accompagner leurs enfants à l’école, dans l’espoir d’un retour progressif à la normale après plus d’un mois de paralysie du système éducatif public.

SOS Éducation appelle à durcir la grève

Sur le terrain, le constat reste toutefois contrasté. Le mouvement SOS Éducation, qui se présente comme une initiative spontanée d’enseignants sans leader, affirme que la grève reste largement suivie. Ses responsables appellent même à un durcissement du mouvement, estimant que les réponses du gouvernement demeurent insuffisantes.

Pour SOS Éducation, les annonces officielles ne constituent que « de petits pas » face à des revendications jugées profondes et structurelles. Le mouvement entend ainsi maintenir la pression afin d’obtenir des engagements fermes et pleinement exécutoires de la part des autorités.

Des revendications toujours d’actualité

Les enseignants grévistes réclament notamment : la régularisation administrative de nombreux agents en situation précaire ; le paiement des rappels de solde et des avancements bloqués depuis une décennie par le régime déchu ; l’amélioration des conditions de travail dans les établissements publics et une meilleure prise en charge sociale et professionnelle du personnel enseignant.

Autant de points que les syndicats et mouvements de base estiment non résolus à ce stade.

Le gouvernement met en avant des avancées

De son côté, le gouvernement soutient avoir déjà répondu à plusieurs revendications majeures. À l’issue d’une rencontre avec le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, l’État s’est engagé à recruter, régulariser ou améliorer la situation administrative d’environ 6 000 enseignants à travers le pays.

Malgré cette annonce, jugée significative par les autorités, les enseignants ont décidé de maintenir la grève, conditionnant toute reprise effective des cours à la matérialisation concrète des engagements pris.

Dans ce bras de fer entre le gouvernement et les acteurs de l’éducation, les élèves demeurent les principales victimes d’une crise sociale dont l’issue reste, pour l’heure, incertaine.

Marie Dorothée

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