Malgré la communication officielle évoquant une reprise progressive des cours ce lundi 19 janvier 2026, la réalité observée sur le terrain est tout autre. À Libreville comme à l’intérieur du pays, la majorité des établissements publics sont restés portes closes, confirmant la poursuite effective de la grève des enseignants. En dépit des images et messages relayés sur les réseaux sociaux, par la ministre d’État à l’Éducation nationale, Camelia Ntoutoume Leclercq, la mobilisation initiée par le collectif SOS Éducation demeure massive. Ni les injonctions officielles ni les tentatives de pression n’ont réussi à briser la grève.
Au lycée Jean Hilaire Aubame Eyeghe, dans le 6ème arrondissement de Libreville, le constat effectué par Gabonactu est sans équivoque. Dès les premières heures de la matinée, aucun enseignant n’était présent dans l’établissement. Seuls le personnel administratif ainsi que des éléments des forces de police étaient visibles à l’entrée du lycée.
Sur place, quelques parents d’élèves, venus s’enquérir de la situation, sont repartis sans réponses claires.« On nous avait dit que les cours reprenaient aujourd’hui. Je suis venue accompagner mon enfant, mais il n’y a aucun professeur. Personne ne peut nous dire quand les cours vont réellement reprendre », a confié un père de famille rencontrée sur les lieux.
Les élèves, eux aussi, ont rapidement compris que la journée serait une fois de plus perturbée. « On est venus ce matin, mais comme il n’y a pas de professeurs, j’ai décidé de rentrer . Ça fait plusieurs jours que ça dure et on ne sait pas quand ça va finir », a déploré un élève en classe de 5eme H.
Alors que le dimanche 18 janvier, la ministre d’État avait pourtant multiplié les initiatives. Sur sa page Facebook, Camelia Ntoutoume Leclercq a publié des photos de sa visite à l’école publique de Nzeng-Ayong 2 et à celle de Montalier, se félicitant d’une « reprise progressive des cours ». Dans la foulée, le ministère avait annoncé avoir échangé avec les Associations des parents d’élèves (APE), qualifiant les discussions de « fructueuses » et assurant que les élèves regagneraient les salles de classe dès ce lundi. Une version des faits largement contredite par les observations sur le terrain.

Pour tenter de briser le mouvement, la tutelle avait instruit les directeurs d’académie provinciale et les chefs d’établissement de veiller à une reprise effective, allant jusqu’à brandir la menace d’inspections et de sanctions. Mais, comme l’a déjà relevé Gabonactu dans de précédentes publications, ces mesures coercitives n’ont fait que renforcer la détermination des enseignants grévistes, qui dénoncent des pressions injustifiées et réclament un dialogue sincère.
Face à l’impasse actuelle, les syndicats d’enseignants maintiennent leur mot d’ordre de grève et réaffirment leur exigence d’une médiation directe du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. En attendant, élèves et parents restent plongés dans l’incertitude, tandis que la crise scolaire menace de perturber durablement l’année académique 2025-2026.
Tryphene Lembah
