Manganga Moussavou, ancien vice-président et ancien ministre de la Planification, a récemment partagé son avis sur la peine de mort pour les coupables de crimes de sang, proposant une peine indéfinie lors d’une conférence de presse. Ce sujet suscite des débats passionnés au sein de la société gabonaise.
Plutôt que de revenir à la peine capitale, Manganga Moussavou propose des alternatives. Il suggère que l’on puisse condamner des individus à des peines très longues, allant jusqu’à 200 ou 400 ans, sans possibilité de réduction. « On peut décider qu’il n’y ait aucune réduction de peine. On peut condamner certaines personnes à des peines extrêmement lourdes, par exemple de 200 à 400 ans de prison, sans possibilité d’aménagement. Ainsi, elles purgeraient effectivement leur peine jusqu’à la fin de leur vie, mais ressortir la peine de mort sans qu’on ne nous dises combien on a assassiné, qu’ils sont en prison, c’est la distraction » a t-il déclaré.
Manganga Moussavou interroge la véritable efficacité de la peine de mort en soulignant que les « coupables des tueries » sont souvent protégés par des intérêts politiques. Il a déclaré que « Ces coupables de tueries vivent avec les hommes politiques. On les connaît ». Selon lui, cette réalité montre que la peine de mort pourrait être utilisée comme une distraction pour détourner l’attention des véritables problèmes de la société.
Il rappelle que la France, en tant que pays ayant aboli la peine de mort, ne pourrait pas accepter que le Gabon, qui a également aboli cette pratique, revienne en arrière. Il affirme qu’il faut réfléchir à deux fois avant de réintroduire un tel sujet, soulignant que chaque pays a ses propres valeurs et que la peine de mort doit être considérée avec prudence.
Manganga Moussavou insiste également sur le fait que ceux qui jugent ne doivent pas être impliqués dans des crimes similaires. « Ce n’est pas le magistrat qui condamne, c’est la société qui condamne » affirme-t-il, soulignant la nécessité d’une justice collective et responsable. Il appelle à une réflexion sur les véritables coupables et à la nécessité de les condamner sévèrement.
Frida Dodo
