Des résultats remarquables au Bac et au BEPC pour les détenus de Port-Gentil, des diplômés prêts à réintégrer la société

Le 28 novembre dernier, sept détenus de la maison d’arrêt de Port-Gentil, dont deux candidats au baccalauréat et cinq au Brevet d’études du premier cycle (BEPC), ont brillamment obtenu leurs attestations de réussite remises par le directeur de l’établissement pénitentiaire. Conscients de l’importance cruciale de leur éducation, l’association des jeunes enseignants du Gabon (AJEG) insiste sur la nécessité impérative d’accompagner leur réinsertion sociale.

Cette cérémonie solennelle s’est tenue dans la salle des réunions de la prison centrale, en présence des autorités pénitentiaires et éducatives, symbolisant une avancée majeure pour ces jeunes âgés entre 18 et plus de 30 ans, incarcérés pour divers délits tels que vol qualifié, vol avec arme apparente ou violences volontaires ayant parfois entraîné la mort. Cet événement illustre clairement que les prisons gabonaises modernisées se transforment en véritables lieux d’opportunités et d’espoir.

« La détention n’est pas une fin en soi. L’avenir vous appartient pleinement si vous sortez d’ici avec cette conscience », a souligné lieutenant-colonel Jean-Jacques Ona Mbengah, directeur de la prison centrale de Port-Gentil.

Cette réussite exemplaire prouve que l’éducation est un levier essentiel pour offrir aux détenus une seconde chance réelle dans la société. La reconnaissance manifeste du corps pénitentiaire valorise les efforts de ces jeunes en conflit avec la justice.

Pour Joséphine Aganga, mère de famille engagée, « ne vous arrêtez pas en si bon chemin ! Vous êtes mieux placés que nous, parents parfois démissionnaires. Il y a trop de mineurs en prison ; poursuivez ce travail essentiel et faites en sorte qu’ils apprennent un métier, afin qu’à leur sortie ils soient véritablement armés pour affronter la vie extérieure. Avoir un diplôme est une excellente chose, mais qu’en est-il ensuite ? ».  

Prenant la parole avec humilité et au nom de ses co-détenus, un détenu coiffé du kufi a tenu à saluer chaleureusement toutes les parties qui œuvrent sans relâche pour favoriser la réinsertion des détenus via des mécanismes d’apprentissage dans les domaines sociaux, familiaux et communautaires au sein des prisons. Il a particulièrement exprimé sa profonde gratitude envers l’engagement humain du personnel encadrant qui, depuis des années, contribue bénévolement à promouvoir l’instruction en milieu carcéral.

« Depuis de nombreuses années, vous ne cessez de nous soutenir, de nous encourager et de nous guider avec une constance remarquable. Nous vous en sommes profondément reconnaissants ! Nous tenons également à saluer l’engagement exemplaire des enseignants mis à notre disposition, notamment ceux de l’Association des Jeunes Enseignants du Gabon. Nous espérons sincèrement que l’attention bienveillante que vous portez aux détenus perdurera durablement dans le temps et l’espace », a-t-il déclaré.

Condamnés à des peines allant de 5 à 11 ans de réclusion criminelle selon les cas, ces jeunes ont pu bénéficier d’une instruction grâce à l’implication sans faille de l’Association des Jeunes Enseignants du Gabon (AJEG). En promouvant une éducation inclusive et favorisant la réinsertion sociale, cette association s’est engagée cette année encore à accompagner ces jeunes en conflit avec la loi.

Malgré des conditions d’enseignement loin d’être idéales – seulement deux heures par semaine et par discipline – ces détenus candidats au baccalauréat ont obtenu, l’année dernière, des moyennes remarquables de 12,60 et 11,26, avec mention bien et passable. Face à un tel contexte difficile, ils ont su se distinguer brillamment, suscitant chez les jeunes une détermination farouche, un engagement profond ainsi qu’une volonté inébranlable de dépassement de soi.

« Nous sommes convaincus que les personnes incarcérées ne doivent en aucun cas être abandonnées. La nécessité de se reconstruire est primordiale, et c’est un défi qu’ils relèvent tous avec courage », a affirmé Sarah Mvele, membre engagée de l’Association des Jeunes Enseignants du Gabon.

              Jean-Jacques Rovaria Djodji 

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