RDC: accueil de migrants expulsés des Etats-Unis, accord aux contours flous

La RDC a annoncé qu’elle accueillerait dès avril des migrants expulsés des Etats-Unis dans le cadre d’un accord avec Washington, mais a toutefois donné peu de précisions sur les contours de ce dispositif négocié entre les deux pays, par ailleurs en discussions sur des accords miniers.

Aucune source au sein du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) interrogée mardi par l’AFP n’était en mesure de préciser le nombre de personnes qui seront accueillies sur le sol congolais, ni de donner des détails sur les contreparties dont a pu bénéficier la RDC en acceptant la mise en œuvre d’un tel dispositif sur son territoire.

Ces derniers mois, plusieurs pays africains dont la Guinée équatoriale, le Ghana, le Rwanda, le Soudan du Sud, le Cameroun ou encore Eswatini ont accepté d’accueillir des personnes expulsées par les États-Unis, dans le cadre d’un programme américain visant à expulser des migrants illégaux vers un pays tiers. Ces accords ont souvent été assortis d’un appui financier ou logistique américain.

L’ONG Human Rights Watch a estimé en septembre que ces expulsions par les États-Unis dans le cadre « d’accords opaques » violaient le droit international et devaient être rejetées.

Dimanche, le gouvernement congolais a annoncé à son tour par un communiqué qu' »un dispositif d’accueil temporaire de ressortissants de pays tiers relevant des mécanismes migratoires des Etats-Unis » serait mis en œuvre dès avril.

En RDC, pays parmi les plus pauvres au monde et où près des trois quarts de la population vivent sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale, ces migrants seront accueillis à Kinshasa, a expliqué le ministère de la Communication congolais.

Dans la capitale congolaise, dont les infrastructures sont gravement insuffisantes pour ses quelque 17 millions d’habitants, la majorité n’a accès ni à l’eau courante, ni à l’électricité.

Selon le gouvernement de la RDC, les dispositions ont pourtant déjà été prises concernant « les infrastructures d’accueil et les modalités d’encadrement ».

« Aucune charge financière ne sera supportée par le Trésor public » du pays, a souligné le ministère de la Communication, « la prise en charge logistique et technique du dispositif sera assurée par le gouvernement américain ».

Le gouvernement congolais a précisé que l’accord migratoire avait été négocié « dans le cadre de modalités définies conjointement », sans donner de détails.

Cet accord intervient après des discussions entre Kinshasa et Washington sur le plan sanitaire et minier.

Fin février, les deux pays ont signé un partenariat en matière de santé d’un montant de 1,2 milliard de dollars, avec notamment l’objectif pour les Etats-Unis de récolter des données dans le cadre de la lutte contre les grandes épidémies.

Washington et Kinshasa sont également engagés dans un partenariat autour des ressources minières stratégiques, cruciales notamment pour l’industrie électronique mondiale et dont le sous-sol congolais regorge, les États-Unis s’étant en contrepartie impliqués, sans résultat concret sur le terrain à ce stade, dans les pourparlers visant à stabiliser l’est congolais, en proie à des conflits depuis trente ans.

AFP

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