La Coalition pour la Nouvelle République (CNR), accompagnée de plusieurs partis politiques alliés, est montée au créneau pour dénoncer ce qu’elle qualifie de dérives persistantes dans la gestion des affaires publiques au Gabon. Dans une déclaration ferme, ses responsables ont pointé du doigt une « mal gouvernance récurrente » qui, selon eux, fragilise davantage le pays.
Prenant la parole il y a quelques au nom de la coalition, le Pr Vincent Moulengui Boukoussou a dressé un tableau préoccupant de la situation nationale.
« Nous dénonçons avec la plus grande fermeté la gravité de la situation économique et politique actuelle du pays », a déclaré M. Moulengui Boukoussou, évoquant une accumulation de dysfonctionnements caractérisés par « la gabegie et une mal gouvernance devenue systémique ».
Selon la CNR, les conséquences de cette gestion se font durement ressentir au sein des populations. « Le pays est confronté à un chômage ambiant, à de graves problèmes de santé et à une vie chère qui étranglent les ménages », a poursuivi le Pr Moulengui Boukossou. Une situation d’autant plus inquiétante que, selon lui, « l’État ne dispose toujours pas de budget pour l’année 2026 », ce qui traduit « une incapacité manifeste à planifier et à gouverner efficacement ».
La coalition s’inquiète également d’un éventuel recours aux institutions financières internationales. « Faire appel au FMI serait replonger notre pays dans une expérience douloureuse dont les Gabonais gardent encore les stigmates », a averti un autre responsable, mettant en garde contre les conséquences sociales d’un tel choix.
Sur le plan politique, la CNR estime que le pouvoir en place montre des signes de fragilité. « Le pouvoir est ébranlé au lendemain du discours sur l’état de la nation », a affirmé la coalition, dénonçant dans la foulée « des manœuvres machiavéliques visant à ternir la crédibilité de l’opposition ». Elle accuse par ailleurs le régime d’entretenir « un pouvoir autocratique marqué par le retour à une idéologie rétrograde et de la pensée unique ».
Dans un ton particulièrement critique, la coalition a lancé un appel direct aux citoyens : « Peuple gabonais, ne vous y trompez pas, l’ennemi du pouvoir actuel, sans chercher à le faire porter sur qui que ce soit, c’est le pouvoir lui-même ». Une déclaration lourde de sens qui traduit, selon elle, une crise profonde au sommet de l’État.
Pour Moulengui Boukossou, « ce régime porte en lui les germes du discrédit qui l’enfonce chaque jour davantage dans la mal gouvernance, l’État de non-droit et l’autoritarisme aggravé ».
Face à ce qu’elle considère comme une dérive inquiétante, les responsables de la Coalition pour la Nouvelle République et ses alliés appellent à une prise de conscience collective et à un sursaut national pour éviter, selon eux, un enlisement durable du pays dans une crise multidimensionnelle.
Camille Boussoughou
