Violences faites aux femmes : le « Parlement Rose » appelle à agir

La plateforme associative « Le Salon de la femme », dirigée par Sidonie Flore Ouwé, a organisé le week-end écoulé la deuxième édition du « Parlement Rose ». Cette rencontre a réuni responsables politiques, experts du droit et acteurs communautaires autour de la lutte contre les violences faites aux femmes, avec pour objectif de renforcer les mécanismes de protection des victimes.

Placée sous le thème « Droits, justice et action », l’initiative a mis en avant le rôle du silence dans la perpétuation des violences. « Le silence protège l’agresseur et la dénonciation légale libère et protège la victime », a déclaré la présidente du « Salon de la femme », devant une assemblée composée notamment de représentants des mairies de Libreville, Akanda et Ntoum, ainsi que de chefs de quartiers.

Au cœur des échanges, les participants ont insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective. Le « Parlement Rose » appelle les autorités locales, les leaders communautaires et religieux à ne plus encourager les victimes à supporter les violences. « Un mariage ne doit pas être un lieu de torture au motif que la dot a été payée », a rappelé Sidonie Flore Ouwé, plaidant également pour l’organisation d’États généraux du mariage.

Les discussions ont également mis en lumière les facteurs qui maintiennent les victimes dans le silence, notamment la dépendance économique, la honte et le manque d’information. À ce titre, les organisateurs ont présenté un bilan de leurs actions : sur 194 cas recensés, 180 ont connu une issue favorable grâce à l’intervention des juridictions compétentes.

L’évocation du décès d’Agathe Mamboundou a rappelé les limites persistantes du dispositif de prise en charge. Pour prévenir de nouveaux drames, les organisateurs ont insisté sur l’utilisation d’outils juridiques existants, comme la mesure d’éloignement, permettant de protéger rapidement les victimes sans procédures longues et contraignantes.

Enfin, la question des moyens a été soulevée. Le « Salon de la femme » a lancé un appel au ministère des Affaires sociales et aux partenaires pour soutenir les centres d’accueil, notamment celui de Nzeng-Ayong. Les conclusions des travaux seront transmises aux autorités compétentes, avec un objectif : renforcer l’effectivité des droits et améliorer la protection des femmes.

Betiness Makosso

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error

Vous aimez l'article? Merci de le partager.