Au Gabon, les baya plus connus sur le nom de Sikida, perles portées autour des reins ou des hanches par certaines femmes, continuent d’être utilisés comme élément de parure et de tradition. Présents depuis plusieurs générations dans différentes sociétés africaines, ces bijoux corporels occupent une place particulière dans certaines cultures du pays où ils sont associés à la féminité, à l’esthétique du corps et à des codes sociaux transmis au fil du temps.
Les baya, également appelés perles de reins ou perles de taille, sont constitués de petites perles en verre, en pierre ou en matériaux artisanaux assemblées pour former un collier porté autour des hanches. Dans plusieurs régions d’Afrique, cet accessoire accompagne les mouvements du corps et participe à une forme d’expression corporelle liée à la posture et à la démarche.
Au Gabon, cette pratique est présente dans plusieurs groupes culturels, notamment chez les Fang, les Myènè, les Punu et les Nzebi. Dans ces sociétés, les sikida peuvent être liés à l’apprentissage de la féminité et à l’esthétique du corps. Ils sont souvent transmis de mère en fille comme élément du patrimoine culturel familial.

Dans certaines familles, les jeunes filles commencent à porter des perles dès l’enfance. Celles-ci peuvent être changées ou ajustées au fil de la croissance, marquant symboliquement différentes étapes du développement et l’entrée progressive dans l’âge adulte. Dans d’autres cas, leur port est introduit à l’adolescence dans un cadre d’apprentissage des codes liés au corps et à la vie conjugale.
Généralement dissimulés sous les vêtements, les baya relèvent aussi de la sphère privée. Dans certaines cultures, ils sont associés à la séduction conjugale et peuvent constituer une forme de langage discret au sein du couple. Les couleurs, la disposition ou le nombre de perles peuvent parfois être interprétés comme des signes liés à l’intimité.
Au-delà de leur fonction esthétique, ces perles peuvent également avoir une dimension symbolique dans certaines croyances traditionnelles. Elles sont parfois associées à la protection, à la fertilité ou à l’équilibre du corps. Aujourd’hui, les baya continuent d’être portés dans plusieurs sociétés africaines et connaissent une présence renouvelée dans la mode et l’artisanat, notamment au Gabon et dans la diaspora.
Jean-Jacques Rovaria Djodji
