Libreville a accueilli du 2 au 5 mars 2026 à l’Institut français un atelier juridico-technique consacré au « Projet 108 », une initiative soutenue par l’Union européenne pour renforcer les contrôles et la sécurité alimentaire dans les pays de la façade atlantique africaine. Quatre jours durant, experts internationaux, responsables institutionnels et représentants d’organismes nationaux ont analysé le cadre juridique et institutionnel du Gabon afin d’identifier les réformes nécessaires à l’amélioration du contrôle de la chaîne alimentaire.

Mis en œuvre avec l’appui de Expertise France, le programme vise à établir un diagnostic du système existant pour consolider les mécanismes de surveillance et d’analyse. « Nous travaillons à la fois sur la sécurité sanitaire des aliments, la Food Defence et la fraude alimentaire », a indiqué Thibaut Faroux, évoquant notamment le renforcement des capacités des laboratoires et l’amélioration du cadre réglementaire.
Selon les autorités nationales, cette initiative répond à des enjeux importants de santé publique et de sécurité alimentaire. Lors de la clôture des travaux, Jean-Maurice Ayine a rappelé que le pays reste fortement dépendant des importations alimentaires.
« Nous avons ici de réels défis à relever avec toutes ces importations massives d’aliments que nous consommons, avec les risques chimiques et biologiques auxquels nos populations sont exposées », a-t-il déclaré.
Les discussions ont également mis en évidence certaines limites dans l’organisation actuelle du dispositif national. Les participants ont relevé des chevauchements de compétences entre institutions et un cadre réglementaire fragmenté. « Il existe des questions juridiques et organisationnelles qui méritent une attention particulière afin de clarifier les rôles des différents intervenants », a ajouté Jean-Maurice Ayine.

Au terme des échanges, plusieurs recommandations ont été formulées, dont l’adoption d’une loi-cadre intégrée sur la sécurité sanitaire des aliments et un renforcement de la coordination entre les administrations concernées. Les experts ont aussi souligné la nécessité d’impliquer davantage les producteurs, transformateurs et distributeurs dans le respect des normes d’hygiène et de contrôle.
Le projet prévoit également un volet consacré à la formation des acteurs du système. Un programme initial de huit jours doit être organisé autour des principes de sécurité sanitaire des aliments, de la gestion des crises, de la détection des fraudes et du rôle des laboratoires. L’objectif est de constituer un réseau national de formateurs capables de diffuser ces compétences dans les structures de contrôle et les filières de production.
Présent à la clôture de l’atelier, Nicolas Kasprsyk a salué la participation des différents acteurs. « Cet atelier ne constituait pas un exercice théorique. Il s’inscrivait dans une réalité exigeante, celle de la sécurité sanitaire des aliments qui représente aujourd’hui un enjeu majeur pour la santé publique et la protection des consommateurs », a-t-il affirmé. Il a rappelé que ce domaine constitue également un levier pour la crédibilité des produits nationaux sur les marchés régionaux et internationaux.
Christina Thélin Ondo
