Suspension des réseaux sociaux : « Une mesure de régulation assumée », affirme Mélodie Samba

Invitée sur le plateau de TV5 Monde, la porte-parole de la présidence de la République, Mélodie Samba, est revenue sur la suspension des plateformes du groupe Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp) décidée le mardi 17 par la Haute Autorité de la Communication (HAC). Entre impératif de cohésion sociale et bras de fer numérique, elle justifie une décision qualifiée de « ponctuelle » mais nécessaire.

Alors que la grogne monte au sein de la population privée de ses principaux canaux de communication numérique, le gouvernement sort du silence pour cadrer le débat. Pour Mélodie Samba, il est impératif de « sortir du cadre émotionnel ou caricatural » : il ne s’agit ni d’une coupure générale d’Internet, ni d’une exception gabonaise, mais d’une action ciblée visant exclusivement les plateformes du géant américain Meta.

L’argumentaire de la présidence repose sur un constat de « recrudescence d’informations diffamatoires » et de « manipulations politiques » orchestrées sur ces réseaux. Plus grave encore, la porte-parole pointe du doigt la prolifération de contenus violents et parfois pornographiques qui porteraient atteinte aux « mœurs, us et coutumes » du pays.

« Cette suspension va nous permettre de réguler et de passer au cadre des négociations demandées dans le respect de nos institutions », a-t-elle martelé, rejetant l’idée d’un recul démocratique.

Le point de rupture semble être l’absence prolongée de réaction du groupe de Mark Zuckerberg face aux alertes répétées des autorités gabonaises. Selon Mélodie Samba, cela faisait plus d’un an et demi que des signalements restaient lettre morte.

La stratégie du choc semble avoir porté ses fruits : « Suite à la suspension d’hier, ils [Meta] nous ont appelés pour des négociations », a-t-elle révélé. Ce blocage sert donc de levier diplomatique pour contraindre la multinationale à établir un cadre formel de régulation et à assurer une meilleure protection des données et des contenus diffusés sur le territoire national.

À la question cruciale du rétablissement des services, la réponse reste ferme : les gabonais devront attendre. Si la mesure est présentée comme « ponctuelle », aucun calendrier précis n’a été communiqué, la priorité étant donnée à l’aboutissement des négociations.

Face aux inquiétudes concernant l’économie informelle et le e-commerce secteurs très dépendants de WhatsApp et Facebook au Gabon la porte-parole de la présidence de la République temporise en rappelant que « les plateformes du groupe Meta ne représentent pas Internet ». Une position assumée au nom de la « cohésion sociale », malgré l’incompréhension d’une partie des usagers.

Betines Makosso

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