L’Institution monétaire sous régionale agonise

Dans une correspondance adressée aux membres du gouvernement et aux Commissaires de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), abondamment partagée et moquée sur la toile, le Président de la Commission éponyme, l’Equato-guinéen Baltasar Engonga Edjo’o, a annoncé ce qui ressemble, à s’y méprendre, à la faillite de l’institution d’intégration financière et monétaire de la sous-région Afrique Centrale.  

Dans cette correspondance, Baltasar Engonga Edjo’o renseigne que la situation financière de la Communauté s’avère être aujourd’hui plus que préoccupante au point d’asphyxier le fonctionnement régulier des institutions de la CEMAC, y compris celui de la Commission qu’il dirige.

« Au regard de ce contexte, et tenant compte du très faible niveau de la trésorerie disponible, j’ai le pénible mais impérieux devoir de suspendre toutes les activités et autres missions de la Commission de la CEMAC, en attendant l’amélioration du recouvrement de la Taxe communautaire d’intégration (TCI) », a tranché le Président de la Commission de la CEMAC, qui précise néanmoins que « seules les activités et missions d’importance hautement stratégiques seront autorisées ».

Le Président de la Commission de la CEMAC regrette que les missions dédiées au recouvrement de la Taxe communautaire d’intégration dans les six (6) pays membre de la CEMAC, dont quatre (4) ont déjà été couverts, tardent à être visibles, en dépit des prescriptions des deux dernières sessions du Conseil des ministres de l’Institution, à la suite des alertes répétées de l’Agent comptable de la CEMAC, apprend-on.

La Taxe communautaire d’intégration (TCI) en zone CEMAC, est un prélèvement spécial, sur les produits importés hors de la Communauté.

Elle finance le processus d’intégration, mais souffre d’un faible recouvrement et de reversement irrégulier des Etats, entraînant des crises financières comme l’actuelle suspension d’activités à la Commission de la CEMAC.

Prélevés par les services de douanes des pays membres (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon Guinée Equatoriale et Tchad), la TCI est indispensable pour l’autonomie financière de la Communauté, mais sa mise en œuvre reste un défi majeur pour l’intégration régionale.

Alph ’-Whilem Eslie

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