Depuis plus d’un mois, une grève générale illimitée, enclenchée par des enseignants regroupés au sein de la plateforme SOS Education, paralyse le fonctionnement des écoles publiques. Tous les établissements scolaires (écoles et secondaires) sont quasi-déserts des enseignants, nonobstant la présence des élèves qui ne se fatiguent pas de s’y rendent. A qui profite donc cet enlisement de la crise qui semble sacrifier l’avenir de la jeunesse gabonaise ?
Les enseignants réclament légitimement la régularisation des situations administratives restées en souffrance depuis des années, des intégrations, le paiement des vacations, entre autres. Des revendications à l’origine de la grève, dont le gouvernement a apporté quelques réponses qui seront concrètes le 25 février prochain, date indiquée pour le paiement des salaires des fonctionnaires au Gabon.
Dans une récente déclaration solennelle, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, qui coordonne l’action gouvernementale, a, annoncé après des âpres négociations avec tous les syndicalistes du secteur éducatif gabonais, la mise en œuvre progressivement de certains points du cahier pris en compte.
Il s’agit notamment de la mise en solde dès cette fin du mois, de 238 enseignants sortants de l’Ecole normale supérieure (ENS) et de l’Ecole normale supérieure de l’enseignement technique (ENSET) ; de la mise en présalaire de 692 instituteurs sortis de l’ENIL/ENIF ; de l’intégration de 108 enseignants des filières scientifiques ; de l’intégration de 1810 enseignants bénévoles et de la régularisation de 4000 dossiers administratifs sur les 6574 reçus.
Le gouvernement estime que ces réponses sont loin d’être des effets d’annonce mais des réponses concrètes dans quelques semaines. Des réponses jugées insuffisantes par des enseignants qui réclament entre autres la régularisation immédiate ou rien, de 27000 situations administratives.
Face aux revendications légitimes des enseignants et la bonne foi du gouvernement caractérisé par son ouverture au dialogue, la raison devait triompher pour sauver l’école gabonaise dont certains observateurs considèrent comme prise en otage. Ils estiment que les enseignants ne doivent pas être des « jusqu’-auboutistes mais devront donner le bénéfice du doute gouvernement, pour espérer crédibles devant les populations en cas des ^promesses tenues.
Camille Boussoughou
