Longtemps présenté comme l’héritier politique de Mouammar Kadhafi, Saïf Al-Islam Kadhafi aurait été assassiné à l’âge de 53 ans. L’annonce, faite par l’un de ses conseillers et relayée par plusieurs médias, suscite de vives interrogations tant les circonstances du drame restent floues.
Saïf Al-Islam Kadhafi, l’un des fils de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité, est mort, a annoncé mardi son conseiller à la chaîne Libya Al-Ahrar. Selon cette source, le décès serait survenu dans des conditions violentes, sans que les autorités libyennes ne confirment officiellement l’information. « Les circonstances de son décès restent toutefois encore floues », a précisé la chaîne, après une première annonce publiée sur le méta (ex Facebook) sans détails supplémentaires.

Plusieurs versions évoquent un assassinat ciblé. Son avocat, Abdullah Othman Abdurrahim, affirme que Saïf Al-Islam Kadhafi « a été assassiné par quatre hommes armés » qui « ont pris d’assaut sa résidence après avoir neutralisé les caméras de surveillance, puis l’ont exécuté ». Une thèse reprise par le journaliste de RFI, Remy Ngono, qui écrit : « Exécuté par des mercenaires comme son père ! Saïf Al-Islam Kadhafi a été assassiné dans sa résidence d’Al-Zintan par quatre inconnus (…) Héritier et candidat favori pour remporter les élections présidentielles prochaines, son rêve vient d’être brisé dans un bain de sang ». De son côté, l’avocat français Marcel Ceccaldi se montre plus prudent : « Pour l’instant, on ne sait pas » qui sont les auteurs, tout en révélant avoir été informé récemment de « problèmes au niveau de sa sécurité ». Un cousin de la victime, Hamid Kadhafi, a déclaré à la même chaîne : « Le docteur Saïf Al-Islam est tombé en martyr. Nous n’avons pas d’autres informations ».
Recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité, Saïf Al-Islam Kadhafi avait été arrêté après la chute du régime de son père en 2011 dans le sud de la Libye, avant d’être détenu pendant plusieurs années à Zintan. Condamné à mort en 2015 à l’issue d’un procès controversé pour son rôle présumé dans la répression du soulèvement populaire, il avait finalement bénéficié d’une amnistie qui avait annulé sa peine. Longtemps resté hors de la scène publique et dont le lieu de résidence demeurait inconnu, il avait refait surface en 2021 en déposant sa candidature à l’élection présidentielle, s’appuyant sur le soutien des partisans de l’ancien régime, dans un scrutin qui n’a finalement jamais eu lieu, illustrant la persistance des fractures politiques dans un pays toujours en quête de stabilité et de réconciliation nationale.
Nkili Akieme
