Cette fois, l’information est officielle. Les syndicalistes Marcel Libama et Simon Ndong Edzo ont été placés en liberté provisoire. La décision a été prise ce lundi par le juge saisi d’une requête introduite par leur avocat, Me Raymond Obame Sima.
« Le juge a accédé à la demande de liberté provisoire », a confirmé Me Obame Sima, joint au téléphone par un journaliste de la rédaction de Gabonactu.com.
Simon Ndong Edzo avait été inculpé pour trouble à l’ordre public par incitation à la révolte contre les autorités de l’État, une infraction prévue et punie par l’article 88 du Code pénal. Né le30 janvier 1957, le syndicaliste pourra célébrer son anniversaire en famille, dans un contexte toutefois marqué par le deuil, après le décès récent de sa fille aînée.
Son compagnon de lutte, Marcel Libama, est également poursuivi pour les mêmes faits et bénéficie, lui aussi, de cette mesure de liberté provisoire.
Cette décision judiciaire met fin, au moins temporairement, à leur détention et relance le débat sur le traitement judiciaire des mouvements syndicaux au Gabon.
Décrispation
La mise en liberté provisoire de Marcel Libama et Simon Ndong Edzo apparaît comme un véritable signal de décrispation dans le climat social actuel. Le mouvement SOS Éducation, à l’origine de la grève ayant conduit à l’incarcération des deux leaders syndicaux en raison de leur soutien à la mobilisation, a le week-end écoulé clairement posé leur libération comme un préalable non négociable.
Lors d’une assemblée générale samedi, le mouvement a réaffirmé que l’ouverture de négociations sérieuses avec les autorités, tout comme la reprise effective des cours, demeuraient conditionnées à la sortie de prison de ces deux figures majeures du syndicalisme gabonais.
En accédant à cette exigence, la justice ouvre la voie à une possible désescalade des tensions et à un retour progressif au dialogue social dans le secteur de l’éducation.
Lundi, des négociateurs de SOS Education ont longuement discuté avec le Vice président du gouvernement, Hermann Immongault. Au terme de cette rencontre, ils se sont rendus auprès de la commission tripartite (ministère de l’Education nationale, ministère de la Fonction publique et ministère du Budget) pour des pourparlers techniques sur les revendications des enseignants.
Les enseignants gabonais réclament depuis plusieurs années l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Leurs principales revendications s’articulent autour de la régularisation des situations administratives (avancements automatiques, reclassement après stage…), paiement des arriérés de salaire, recrutements etc.
Ils ont paralysé le système éducatif public depuis le 10 décembre dernier.
Antoine Relaxe
