Grogne dans le secteur pétrolier : Jacqueline Bignoumba joue la carte de l’apaisement

Face à la menace d’une grève générale illimitée brandie par l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP), la ministre du Travail, du plein emploi, du dialogue social et de la formation professionnelle, Jacqueline Bignoumba, a engagé des échanges directs, ce lundi au Gouvernorat de l’Ogooué Maritime, à Port-Gentil (littoral sud), avec les partenaires sociaux du secteur pétrolier, dans un souci d’apaisement et de préservation de la paix sociale. Émissaire du chef de l’État, elle était porteuse de message de paix afin que le secteur pétrolier retrouve l’accalmie.

Le membre du gouvernement a rencontré les responsables de l’ONEP, du Syndicat autonome des pétroliers (SAP) et du Syndicat des employés et ex-employés retraités du pétrole et activités connexes (SEERPAC). Objectif affiché : obtenir une accalmie durable dans un secteur secoué par des tensions sociales récurrentes depuis plusieurs années.

« Depuis des années, le secteur pétrolier est sur le pied de guerre. Il faut parvenir à des solutions durables, fondées sur le dialogue permanent, et non sur des décisions prises sous la pression », a déclaré Jacqueline Bignoumba, appelant à une sortie de crise responsable et concertée.

Cette rencontre intervient alors que le préavis de grève déposé le 18 janvier dernier par l’ONEP expire dans cinq jours, ce 31 janvier 2026. Le syndicat majoritaire du secteur dénonce l’absence de réponses satisfaisantes aux multiples alertes lancées depuis près de deux ans et pointe un climat social de plus en plus délétère, qu’il impute aux employeurs.

Tout en se disant ouverte au dialogue, l’ONEP maintient ses revendications, notamment la fin de la mise à disposition du personnel jugée illégale, l’alignement des salaires sur les grilles des sociétés utilisatrices avec effet rétroactif, ainsi que l’intégration des travailleurs remplissant les conditions légales.

Sont concernées par cette menace de grève plusieurs compagnies pétrolières et sociétés de services, dont Perenco, Assala, TotalEnergies EP, Maurel & Prom, BW Energy, Bourbon Offshore et Schlumberger.

« Avons-nous toujours besoin de recourir au chef de l’État ? Non ! Le Président de la République prendra les recommandations en connaissance de cause. On résoudra les problèmes en fonction de la lecture réelle de la loi et en fonction des circonstances. Pas sur la base des textes pris sous la pression », a indiqué Jacqueline Bignoumba.

En cas d’échec des négociations, le syndicat prévient qu’un arrêt concerté de travail sera déclenché, avec un service minimum limité à 40 % de l’activité, strictement consacrée à la sécurisation des installations, conformément au Code du travail. La ministre en charge du Travail a tenu à rappeler le rôle d’arbitre de l’État.

« Le président de la République prendra les recommandations en connaissance de cause, dans le respect de la loi et des réalités du terrain », a précisé Jacqueline Bignoumba face aux responsables de l’ONEP. « Nous restons disponibles pour les échanges à venir afin de ramener rapidement la sérénité dans le secteur », a assuré son Secrétaire général, Sylvain Mayabi Binet.

Une réunion, présentée comme décisive est annoncée pour le mercredi prochain au Palais présidentiel, à Libreville, en présence du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguéma, laissant entrevoir une possible issue négociée à cette crise sociale à fort enjeu économique.

Alph ’-Whilem Eslie et Jean-Jacques Rovaria Djodji

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