Dans le troisième arrondissement de Libreville, le quartier Akemi Ndjogoni connaît depuis plusieurs semaines une transformation visible de son réseau routier. Longtemps confrontés à la dégradation avancée de la voirie et aux difficultés d’accès, les habitants observent aujourd’hui l’avancée des travaux de réhabilitation engagés sur plusieurs axes stratégiques du quartier.
Sur le terrain, les engins sont à pied d’œuvre. Reprofilage de la chaussée, assainissement, pose de caniveaux et préparation du revêtement final redessinent peu à peu le visage de cette zone sous-intégrée. Un chantier attendu de longue date par les riverains, qui rappellent que le projet figurait déjà parmi les priorités annoncées il y a plus d’une décennie.
Pour de nombreux habitants, les premiers effets sont déjà perceptibles, notamment en saison de pluies. « Avant, l’eau envahissait les maisons à chaque averse. Depuis le début des travaux, il pleut mais l’eau ne remonte plus », témoigne Francis, un résident vivant à proximité d’un canal, évoquant un soulagement réel après des années d’inondations répétées.
La route, autrefois difficilement praticable, devient progressivement plus fluide. Les riverains soulignent l’amélioration de la circulation vers des axes majeurs comme le carrefour Léon Mba, Bessieux, le Komo ou encore les zones administratives voisines. « Sortir du quartier était un vrai parcours du combattant. Aujourd’hui, la situation change », confie Makaya Etienne, un usager.

Selon Matangoye Lesly, chef de chantier, la configuration géographique d’Akemi Ndjogoni, située dans une zone concave recevant les eaux des quartiers environnants, a nécessité un important travail d’assainissement. Le projet intègre également une logique de désenclavement, avec des voiries permettant de relier plus facilement plusieurs points stratégiques de Libreville.
Au-delà de la circulation, cette réhabilitation a un impact sur le quotidien économique et social du quartier. La fluidité des déplacements facilite l’accès aux transports en commun, aux services publics et favorise la valorisation du foncier. Les habitants y voient aussi une opportunité de renforcer l’intégration d’Akemi Ndjogoni dans le tissu urbain de la capitale.
Pour les populations locales, ce chantier représente bien plus qu’une simple amélioration routière. « Avant, c’était la forêt et l’eau partout. Aujourd’hui, le quartier change », résume un riverain. Une évolution progressive qui redonne espoir à des habitants longtemps confrontés à la marginalisation urbaine, dans une Libreville en pleine mutation.
Christina Thélin Ondo
