Le Directeur général de la Société d’agriculture et d’élevage du Gabon (SAEG), Aubert-Aimé Ndjila et les membres du conseils d’administration de cette entreprise étatique, ont, visité le 17 janvier la ferme BTF Farming, située à Malibé 2, dans le nord de Libreville. Cette immersion a confronté les discours aux réalités du terrain et mis en lumière les fragilités persistantes de la filière avicole gabonaise, alors que le pays ambitionne de mettre fin aux importations de poulet de chair dès janvier 2027.
Avec une capacité globale de 9 000 poulets, dont 6 000 poules pondeuses actuellement en exploitation, la ferme BTF Farming témoigne des efforts consentis par les acteurs privés pour soutenir la production locale. Mais derrière ces chiffres, les contraintes structurelles freinent encore le plein essor de l’activité. La sécurisation du foncier agricole demeure la première difficulté.

Le DG de la SAEG, Aubert-Aimé Ndjila, après la visite de BTF Farming dans le nord de Libreville © D.R
Sans terres adaptées et durablement attribuées, les investissements restent précaires et limitent toute projection à long terme. Une réalité largement partagée par les éleveurs, qui peinent à stabiliser et étendre leurs exploitations.
« Tant que le foncier, l’aliment et le médicament resteront instables, on ne peut pas parler d’un élevage structuré et durable au Gabon », a fait comprendre aux autorités, Karine Agnassa epse Bangoye Titsé propriétaire de la ferme .
Autre point névralgique : l’alimentation animale, souvent marquée par des ruptures de stock. Cette instabilité impacte directement la productivité et renchérit les coûts de production. À cela s’ajoute la question de la prophylaxie, avec une disponibilité irrégulière des médicaments vétérinaires, pourtant essentiels à la santé et au bien-être des animaux. Face à ce constat, la SAEG entend jouer un rôle de facilitateur.
La visite du président de Conseil d’administration, Patrick Médard Amvame Ndong, s’inscrit dans une démarche de diagnostic opérationnel visant à activer, avec les services du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural, des réponses concrètes, notamment la production locale d’intrants agricoles et une meilleure organisation de la chaîne de prophylaxie.
« Si nous ne réglons pas maintenant la question de l’aliment et de la prophylaxie, l’échéance de 2027 restera un simple slogan », a souligné Aubert-Aimé Ndjila, Directeur général de la SAEG.
Ces actions sont jugées indispensables pour atteindre, indique-t-on, l’objectif fixé par les hautes autorités : rendre effective, au 1er janvier 2027, l’interdiction des importations de poulet de chair et renforcer durablement la souveraineté alimentaire du Gabon.
Antoine Relaxe et Roberte Adé
