CAN-2025: lions d’Atlas et Teranga sortent les griffes

À quelques heures de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) qu’il accueille depuis le 21 décembre, le Maroc joue dimanche bien plus que sa suprématie continentale face au Sénégal: ce sera l’apothéose d’un tournoi conçu comme une répétition grandeur nature du Mondial-2030.

Sur le papier, ce duel entre Lions – de l’Atlas et de la Teranga – est idéal. Rarement dans l’histoire de la CAN, les deux équipes favorites ont tenu leur rang jusqu’au bout.

Si la fête est déjà réussie sur le plan logistique, elle ne sera totale que si le Maroc soulève le trophée qui le fuit depuis un demi-siècle.

Côté organisation, le Maroc a déjà marqué des points. Malgré de fortes pluies, parfois diluviennes, qui ont touché plusieurs villes hôtes – dans un pays qui sort de sept années de sécheresse – aucune rencontre n’a été interrompue.

Les pelouses sont restées impeccables, notamment grâce à des systèmes de drainage de pointe comme la technologie SubAir qui permet d’évacuer rapidement l’eau et d’aérer le sol en profondeur.

Au stade Moulay Abdellah de Rabat, vitrine de la compétition, ces pelouses de dernière génération ont permis de préserver la qualité du jeu. Un constat partagé unanimement par les joueurs et les entraîneurs.

Cette 35e édition de la CAN est « la plus réussie de toute l’histoire de cette compétition » , a estimé samedi Patrice Motsepe, le président de la Confédération africaine de football (CAF).

« La qualité du football est de classe mondiale. La qualité des stades, des infrastructures, des installations est de classe mondiale » , a-t-il ajouté devant la presse.

Le secrétaire général de la FIFA, Matthias Grafström, a de son côté salué « une compétition passionnante, à un très haut niveau, tant sur le plan organisationnel que sportif ».

Car cette CAN sert de répétition générale au prochain grand rendez-vous: la Coupe du monde 2030 que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal.

– « Croissance » –

Plusieurs stades devront être rénovés pour répondre aux normes de la FIFA, dont ceux d’Agadir, Marrakech et Fès, selon la Société nationale de réalisation et de gestion des équipements sportifs.

Une nouvelle enceinte, le stade Hassan II de Benslimane (115.000 places), présenté comme le plus grand au monde, doit également voir le jour d’ici 2028.

S’ajouteront des projets d’infrastructures pour près de 18 milliards d’euros d’ici à 2030 dans le ferroviaire, la 5G et les aéroports.

Des investissements qui devraient doper la croissance « dans la fourchette des 6% », estimait en juillet dernier Fouzi Lekjaa, président de la fédération de foot marocaine.

Sur le plan populaire, l’engouement est massif. Au terme des quarts de finale, 1.116.959 spectateurs avaient déjà garni les tribunes, un record absolu en 35 éditions.

Les grandes capacités des stades ainsi qu’une politique d’accès gratuit à certains sites après le coup d’envoi ont largement contribué à cette forte affluence.

Les rues ont vibré après chaque match du Maroc, les cafés et les fan-zones faisaient le plein.

Au point que le ministère marocain de l’Éducation nationale a annoncé vendredi le report des examens en primaire et collège prévus la semaine prochaine, en raison de la finale de dimanche soir.

– « Marché noir » –

Tout n’a cependant pas été parfait. La revente illégale de billets a explosé pendant le tournoi.

Sur un groupe WhatsApp consulté par l’AFP, des places de catégorie 3 pour la finale (qui affiche complet) s’échangeaient jusqu’à 900 euros, dix fois plus que les 80 euros affichés sur le site de la CAF pour un ticket de catégorie 1. Des tarifs jugés indécents par beaucoup.

« À ce prix-là, Hakimi te sert le thé? » , a lancé un potentiel acheteur. « Même les organes sur le marché noir coûtent moins cher » , a ironisé un autre.

La Fédération sénégalaise de football a par ailleurs déploré des restrictions sur la billetterie allouée à ses supporters, jugées insuffisantes au regard de la demande, et dénoncé un manque criant de sécurité à l’arrivée de ses joueurs à la gare de Rabat avant la finale.

Sur le terrain, le spectacle est au rendez-vous. Avec déjà 120 buts inscrits, cette édition de la CAN-2025 est la plus prolifique de l’histoire.

Elle est aussi devenue le plus grand succès commercial de l’histoire du football africain, selon la CAF qui a engrangé 55 millions de dollars avec la vente de tickets, cinq fois plus qu’à la CAN précédente. Des recettes dopées aussi par un nombre record de 23 sponsors.

AFP

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