Futur Hôpital des spécialistes d’AVC : Dr Iloko Boussengui dézingue le projet

L’annonce par les canaux officiels de la création d’un hôpital exclusivement dédié aux accidents vasculaires cérébraux (AVC) sur le site de l’ancien Delta Postal, à Angondjé, dans la banlieue nord de Libreville, est tournée en dérision par le Docteur Stéphane Germain Iloko Boussengui qui qualifie le projet de « décision de vitrine » issue d’une gouvernance sanitaire  »sans boussole » . L’ancien candidat malheureux à l’élection présidentielle d’avril 2025, livre une critique sévère de ce projet qu’il considère comme le symbole d’une politique de santé improvisée, déconnectée des réalités du terrain et des véritables urgences sanitaires du pays.

Dr Iloko Boussengui / Gabonactu.com
Dr Iloko Boussengui / Gabonactu.com

Dr Stéphane Germain Iloko Boussengui fait observer promptement que le choix de créer un hôpital entièrement consacré aux AVC relève davantage de la communication politique que d’une réponse médicale structurée. « Nous ne sommes pas face à une prouesse sanitaire, mais à l’aveu d’une impréparation et d’une errance stratégique au sommet de l’État », a-t-il asséné.

L’ancien candidat à la présidentielle s’interroge dans le même temps sur la pertinence d’un tel établissement sanitaire dans un pays où les urgences médico-chirurgicales sont quasi inexistantes. « Les Gabonais ne meurent pas seulement d’AVC, ils meurent surtout de l’absence d’urgences fonctionnelles, des retards de prise en charge et d’un système hospitalier saturé et épuisé », a-t-il déploré, soulignant l’absence de données épidémiologiques publiques et d’analyses coût-efficacité pour justifier un tel choix.

Situation géographique « médicalement absurde »

Le lieu d’implantation du futur hôpital suscite également railleries chez Dr Iloko, car situé au nord de Libreville, Angondjé est une zone régulièrement paralysée par les embouteillages. « Implanter un hôpital d’urgence là où les conditions d’accès sont chaotiques, pour une pathologie où chaque minute compte, relève de l’inconscience », tranche le médecin.

Selon lui, même les infrastructures routières annoncées n’ont jamais permis de fluidifier la circulation. « C’est un non-sens médical et une faute politique grave », martèle-t-il, estimant que cette décision illustre une déconnexion totale entre planification sanitaire et réalités urbaines.

Delta Postal sacrifié et carte sanitaire oubliée

Au-delà de l’hôpital des AVC, l’ancien candidat à la présidentielle déplore la disparition annoncée de Delta Postal, ancien site stratégique de Gabon Télécom. « À l’heure où le monde investit dans le numérique et la souveraineté des données, le Gabon choisit de démanteler un symbole stratégique sans débat public ni vision », regrette-t-il.

Il élargit sa critique à la carte sanitaire du Grand Libreville, qu’il juge dramatiquement déséquilibrée. « Treize arrondissements, zéro hôpital de proximité digne de ce nom », s’indigne-t-il, pointant l’absence d’hôpitaux municipaux à Libreville et ses banlieues, notamment Owéndo au sud et Akanda au nord.

Pour lui, « les milliards annoncés auraient pu sauver des milliers de vies s’ils avaient été investis dans des urgences de proximité et dans les ressources humaines qualifiées.

Selon l’annonce faite, l’hôpital des spécialistes d’AVC regroupera des services médicaux de pointe, des unités d’hospitalisation modernes, des logements pour le personnel médical ; ainsi qu’un hôtel destiné aux accompagnants, afin d’améliorer les conditions d’accueil des familles.

Des études menées au Centre Hospitalier Universitaire de Libreville (CHUL) montrent que les AVC constituent la première cause d’hospitalisation en neurologie, avec une fréquence hospitalière pouvant atteindre plus de 64% des cas neurologiques admis, soit une moyenne de 271 patients par an entre 2018 et 2022 dans ce seul service spécialisé.

Féeodora Madiba et Nkili Akieme

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