Grève des enseignants : SOS, le Collectif et l’Ecole gabonaise agonisent

Alors que la toile était envahie mercredi de publications officielles vantant les avancées des négociations quadripartites entre d’une part, les ministères en charge de l’Education nationale, des finances, de la Fonction publique et d’autre part, les syndicats d’enseignants grévistes ; différentes vidéos devenues virales sur des réseaux sociaux relayaient dans le même temps des appels contradictoires des leaders syndicaux à la reprise des cours ou la poursuite du mouvement de grève. De fait, des fissures apparaissent clairement sur la ligne de front au sein du Collectif SOS Education qui semble avoir volé en éclat. Sur le terrain, le constat fait ressortir ce jeudi un paysage de néant dans de nombreuses écoles, aussi bien à Libreville qu’à l’intérieur du pays.

Il est reproché à une branche du Collectif SOS Education d’avoir été corrompue par les autorités, sacrifiant ainsi l’intérêt général du corps enseignant qui attend davantage au sujet de nombreuses et récurrentes revendications de la corporation ; jugeant à ce stade mitigée la moisson ou les avancées annoncées, au terme de 48 heures de négociations au sein de la Commission interministérielle de crise.

Certaines sources syndicales font état de scission intervenue au sein Collectif SOS Education, de désaveu, voire de dissolution de cette plate-forme syndicale, érigée ces dernières semaines en interlocuteur privilégié et fer de lance de lance des mouvements de revendications et de contestations des personnels enseignants.

« Un groupuscule d’enseignants corrompus ont fait une soi-disant Assemblée générale annonçant la reprise des cours. Mandatés par des perfides trompeurs, leur rencontre a été médiatisée dans le but de persuader les élèves et parents d’élèves. C’est un mensonge. Il n’y aura pas de reprise des cours tant que l’Assemblée générale véritable ne l’aura pas décidé. En tout cas, pas à l’appel des individus corrompus qui se débattent parce qu’on leur a remis 2 millions pour le taxi », a fulminé Anatole C., enseignant.

Lundi, une faction du Collectif SOS Education, se réclamant de la branche légitime, rejetait déjà toute incitation à la violence, affirmant ne pas se reconnaitre dans les manifestations d’un certain ‘’Groupe SOS Education 5’’, condamnant « l’instrumentalisation et la politisation entretenues par certains extrémistes qui ont décidé de faire de cette noble quête autre chose que ce qu’elle est », avait-il dit.

Marcel Libama, une des figures de proue de la lutte syndicale dans le secteur de l’Education nationale, a lui aussi, dans une vidéo abondamment partagée sur les médias sociaux, désavoué les organisateurs de l’assemblée générale de mercredi ayant appelé à la reprise des cours. Une assemblée générale que l’enseignant et ancien député de la transition a qualifié de ‘’parodie’’.

« Nous attendons l’assemblée générale de samedi pour nous prononcer. Donc pas de panique, no money, school. Nous avons rendez-vous ce samedi à l’Ecole mythique Martine Oulabou pour aviser sur la conduite à tenir. Entre temps, la lutte continue », a exhorté Marcel Libama.

Jean Valentin Leyama / Gabonactu.com
Jean Valentin Leyama / Gabonactu.com

Dans ce registre de fermeté, la faction des enseignants grévistes reçoivent un soutien de taille, celui de l’enseignant du supérieur retraité, leader d’opinion et ancien député de la transition, Jean Valentin Léyama, qui estime que l’enseignant mérite un meilleur traitement dans un pays doté d’immenses ressources. « L’enseignant doit être le mieux payé parmi les agents publics. Au-delà, c’est son statut qui doit être revu, l’enseignant doit sortir de la clochardisation », a-t-il plaidé dans un post très couru sur la toile.

Pour autant, sur les instructions du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma, a-t-on appris, le Gouvernement a annoncé mercredi : la mise en présalaire de 692 enseignants du primaire sortants des Ecoles ENIL et ENIF ; la mise en solde de 328 enseignants du secondaire sortants des Ecoles ENS et ENSET ; la mise en présalaire de 1810 enseignants anciennement appelés bénévoles et la régularisation de 4000 situations administratives sur les 6574 codifiés à la Fonction publique.

M.-O. Mignonne

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