L’élimination des Panthères du Gabon à la Coupe d’Afrique des nations disputée au Maroc n’a rien d’un accident. Elle est le reflet d’un football national à l’arrêt, miné par l’absence persistante d’un championnat domestique structuré et régulier. L’alerte de l’ancien international Gabonais Etienne Alain Djissikadié, coach de l’Aso Stade Mandji.
Le constat est sans appel. Saisons interrompues, clubs asphyxiés, joueurs locaux privés de temps de jeu : le championnat gabonais est devenu un championnat fantôme. Une situation qui prive la sélection de solutions nouvelles et contraint le staff technique à s’appuyer sur un noyau vieillissant, faute de relève.
« L’échec des panthères est dû au manque de championnat national, l’entraîneur n’avait pas de marge, c’est la raison pour laquelle il a utilisé les mêmes joueurs qui jouent ensemble depuis 2010. À cette allure, nous étions l’équipe nationale la plus vieille. Et si des hommes comme Écuélé Manga sont toujours sur le terrain, c’est parce qu’il n’y a pas eu de relève comme il se doit », analyse Étienne Alain Djissikadié, coach de l’Association omnisports Stade Mandji.
Ce vieillissement avancé de l’ossature des Panthères illustre l’échec de la transition générationnelle. Les cadres historiques, toujours incontournables, occupent l’espace pendant que les jeunes talents peinent à émerger, faute de compétitions locales pour s’exprimer.

Pour l’ancien milieu offensif des Panthères, la solution est claire : « Il faut repartir vers les centres de formation et les clubs pour revoir le football gabonais afin qu’on ait une très bonne relève ».
Le paradoxe est cruel : le Gabon regorge de talents, mais sans championnat régulier, sans encadrement et sans vision claire, cette richesse se perd. Les jeunes s’exilent, stagnent ou abandonnent, pendant que les autres nations africaines avancent. « Ça nous cause vraiment de la peine parce que nous voulons que les enfants jouent. Nous sommes en difficulté par rapport aux autres nations qui ont leur championnat qui se joue régulièrement. Avec la CAN, on voit facilement la différence, et tant qu’il n’y aura pas de championnat, il sera difficile pour nous de progresser », déplore Alain Djissikadié.
Cette élimination sonne comme un avertissement. Sans relance durable du championnat national, retour effectif des compétitions de coupe et politique claire de rajeunissement, le football gabonais continuera de tourner en rond. Plus qu’un échec sportif, c’est l’urgence d’une refondation qui s’impose, avant que le rugissement des Panthères ne s’éteigne durablement sur la scène continentale.
Jean Jacques Rovaria Djodji
