La conseil juridique Marlène Fabienne Essola Efountame a tenu une conférence de presse ce samedi 29 novembre 2025, au sein de son cabinet situé à Louis, en réponse à une signification d’acte émanant du Barreau du Gabon. Cette correspondance, transmise par huissier, lui reprochait l’usage du titre « Maître » lors d’une conférence animée pour le compte des sociétés SATRAM, EGCA et ALOGIS. Une démarche qu’elle qualifie de « désagréablement surprenante et juridiquement infondée », dénonçant une volonté manifeste d’intimidation.

Elle est revenue sur le fond du litige, Me Essola Efountame a rappelé que le titre « Maître » n’est pas l’apanage exclusif des avocats. « Les greffiers, les huissiers, les notaires, les conseils juridiques s’appellent Maître. C’est un usage de tradition juridique, non un monopole », a-t-elle martelé. Pour elle, la démarche du Barreau constitue « une déclaration de guerre au pluralisme professionnel », alors même que les conseils juridiques, reconnus par la loi n⁰2/88, exercent une profession légale, réglementée et placée sous la tutelle directe du ministère de la Justice.
S’appuyant sur la hiérarchie des normes, elle a rappelé que le conseil juridique « n’est pas une profession illégale ni subalterne », mais un acteur à part entière de la chaîne judiciaire. « Nous assistons et représentons les justiciables au même titre que les avocats. J’ai des compétences, des diplômes, un arrêté ministériel, et je ne dépends pas du Barreau », a-t-elle affirmé. Elle estime que la demande du bâtonnier constitue « un excès de pouvoir manifeste » et un « courrier caduque sans aucune valeur juridique ».
Me Essola Efountame voit, derrière cette controverse, une tentative plus profonde d’instaurer un « monopole néo-corporatiste » au détriment de l’accès au droit. Selon elle, la méconnaissance de la profession de conseil juridique explique les nombreuses humiliations que subiraient ses confrères au sein des juridictions et administrations. « Nous ne sommes pas des usurpateurs. Nous sommes une réponse légale et légitime aux besoins des Gabonais », a-t-elle insisté. Elle a rappelé la compétence nationale et internationale reconnue à sa profession.

La conseil juridique a par ailleurs appelé le ministère de la Justice à réaffirmer son autorité face à ce qu’elle considère comme une remise en cause institutionnelle. « Lorsqu’il y a suspicion d’usurpation, la procédure veut d’abord une vérification auprès du ministère. Rien de cela n’a été fait. On m’a signifié un acte le lendemain de mon direct. C’est grave ». Tout en déplorant la rapidité de la réaction du Barreau, elle a réaffirmé sa volonté de préserver un climat de respect entre acteurs judiciaires : « Nous sommes tous auxiliaires de justice. Nous n’avons pas vocation à nous faire la guerre ».
En conclusion, Me Essola Efountame a réitéré son attachement à sa profession et son souhait de voir cesser les tensions. « Je n’ai aucune ambition de devenir avocate. Je suis conseil juridique, et cela me suffit. Je veux simplement exercer en paix, dans le respect des textes et des hommes », a-t-elle déclaré. Elle a appelé les jeunes à considérer la profession comme une voie d’avenir et souhaité que ce débat permette enfin de « rétablir la vérité, la paix et la dignité que mérite chaque professionnel du droit au Gabon ».
Christina Thélin Ondo
