PDG : Onanga Y’Obegue conteste la légitimité de la délégation reçue par Oligui Nguema

La rencontre entre le chef de l’État et la direction conduite par Blaise Louembé relance la guerre de légitimité au sein de l’ancien parti au pouvoir.

En effet, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu une délégation du Parti démocratique gabonais (PDG) conduite par Blaise Louembé. L’audience a porté sur les relations entre le chef de l’État et le parti, la place des cadres du PDG dans les nominations, les rapports avec l’UDB et des questions institutionnelles.

Dans un communiqué Ali Akbar Onanga Y’Obegue qui réside actuellement à Paris en France a révélé les non-dits de cette rencontre. Selon lui, Blaise Louembé a réaffirmé la fidélité du PDG au chef de l’État. Il a demandé que les cadres du parti figurent davantage parmi les personnalités promues en Conseil des ministres, dénoncé les comportements de certains responsables de l’UDB et sollicité l’appui présidentiel pour le prochain congrès.

Ce qu’aurait dit Oligui Nguema

Le chef de l’État a réaffirmé son soutien au PDG. Sur le coup d’État du 30 août 2023, il a assuré qu’il n’avait pas agi contre le parti, mais contre Ali Bongo, son fils et son épouse. Il a revendiqué sa filiation politique avec Omar Bongo Ondimba, estimant qu’il n’est pas nécessaire d’être son fils biologique pour être son héritier. Il a évoqué pour cela, le Palais des Congrès baptisé du nom d’Omar Bongo Ondimba et la construction en cours du mausolée de Franceville dont les travaux s’achèvent.

Il a surtout déclaré ne reconnaître qu’un seul PDG : celui des responsables présents à l’audience, et non celui qui s’exprime sur les réseaux sociaux. Il a aussi annoncé son intention de revoir les nominations pour mieux y intégrer les cadres du PDG, d’accompagner l’organisation du congrès et d’apporter quelques modifications à la Constitution. Sur les biens mal acquis, il a dit n’être pas à l’origine de la procédure et n’avoir donc rien à annuler.

Secrétaire général du PDG, nommé par Ali Bongo Ondimba, Ali Akbar Onanga Y’Obegue ne reconnaît pas l’aile reçue au palais. Pour lui, la direction de Blaise Louembé n’est pas légitime. Il affirme, avec l’ancien président, qu’Ali Bongo n’a pas pris sa retraite politique et reste le président du PDG.

Le conflit a des racines connues. Le PDG a tenu un congrès extraordinaire le 30 janvier 2025, au terme duquel Blaise Louembé a pris la tête du parti. Sous sa direction, le PDG s’est rangé derrière Brice Oligui Nguema, vainqueur de la présidentielle d’avril, un choix contesté par une partie des cadres. Avant de partir en exil en mai, Ali Bongo a écrit une note désignant Ali Akbar Onanga Y’Obegue comme dirigeant légitime du parti.

Onanga Y’Obegue invoque les statuts : l’article 15 dispose que l’appartenance au PDG est incompatible avec toute alliance avec un parti rival. Ali Bongo a de son côté réclamé un congrès inclusif et le rassemblement de la famille politique.

Le congrès, nouveau point de friction

La direction Louembé a annoncé le 22 octobre son 13e congrès ordinaire, du 27 au 29 novembre. Ali Akbar Onanga Y’Obegue a réagi en appelant à ne pas cautionner ce processus, jugeant que le congrès devrait être l’aboutissement d’un accord et non un fait accompli, et il alerte sur les risques du bicéphalisme.

Le soutien promis par le chef de l’État à la tenue de ce congrès donne un avantage au camp Louembé, et la bataille de légitimité n’est pas réglée.

Marie Dorothée

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