Lycée Léon Mba : harcelé et humilié à l’école, un adolescent  tente de mettre fin à ses jours

Victime présumée de moqueries, d’insultes et d’intimidations répétées au CES 1 du lycée national  Léon-Mba de Libreville, un élève de 5ᵉ a tenté de mettre fin à ses jours le 14 octobre 2026. Grièvement brûlé au visage, l’adolescent reçoit actuellement des soins médicaux. Un drame qui relance la question de la lutte contre le harcèlement scolaire et de la responsabilité des établissements dans la protection des élèves.

Le jeune garçon aurait tenté de mettre fin à ses jours en s’aspergeant d’essence avant de mettre le feu à son visage. Brûlé, il bénéficie actuellement d’une prise en charge médicale. Selon sa mère, Nse Ndong Rêve Jeckolia, ce geste serait l’aboutissement d’une longue période de souffrance psychologique, alimentée par des moqueries et des intimidations de la part de plusieurs camarades.

Tout commence lorsque la mère, alors à son lieu de travail, reçoit un appel de sa fille lui annonçant que son frère vient de se brûler. Pensant dans un premier temps à un accident domestique, elle se rend à l’hôpital. C’est au cours d’un échange avec son fils qu’elle découvre progressivement les raisons de son geste.

D’après son témoignage, l’adolescent subissait depuis plusieurs mois des insultes liées notamment à son apparence et à des attitudes que certains de ses camarades jugeaient féminines. Des élèves le traitaient notamment de « gay », multipliant les moqueries et les humiliations.

À ces comportements se seraient ajoutées des intimidations particulièrement éprouvantes, faisant référence au décès récent d’un autre élève survenu pendant un cours d’éducation physique et sportive (EPS). « Tu finiras comme lui, ce n’est qu’une question de temps », lui auraient lancé certains camarades, selon les propos rapportés par sa mère.

Ces paroles, qui auraient été répétées dans un contexte de harcèlement persistant, auraient contribué à aggraver la détresse du jeune garçon.De nature réservée, l’adolescent n’aurait jamais confié à sa famille les humiliations qu’il subissait à l’école. Face aux provocations, il aurait choisi de se replier sur lui-même, sans parvenir à exprimer l’ampleur de son mal-être.

Selon sa mère, les intimidations ne se limitaient pas à quelques élèves de sa classe. D’autres camarades auraient également pris part aux moqueries, donnant à cette situation une dimension collective particulièrement préoccupante.

Ce silence souligne la difficulté, pour certaines victimes de harcèlement scolaire, de demander de l’aide. Par peur des représailles, par honte ou parce qu’elles pensent que personne ne pourra les protéger, elles peuvent garder leur souffrance pour elles jusqu’à atteindre un point de rupture.

L’affaire soulève des interrogations sur la manière dont les signalements de harcèlement sont traités au sein de l’établissement. Nse Ndong Rêve Jeckolia affirme que l’un des principaux élèves mis en cause aurait déjà été signalé pour des comportements similaires au cours de l’année précédente. Elle estime que les réponses apportées jusque-là n’auraient pas permis de mettre fin aux intimidations.

Après une rencontre avec la direction du CES 1 de Léon-Mba, plusieurs élèves auraient fait l’objet d’exclusions temporaires. Une exclusion définitive aurait également été évoquée à l’encontre de l’un des principaux élèves mis en cause. Les parents de ce dernier ont été convoqués, mais n’auraient pas assisté à la première rencontre, selon le témoignage de la mère.

Le responsable de l’établissement se serait engagé à examiner le dossier. À ce stade, aucune décision définitive n’aurait toutefois été communiquée à la famille. La mère s’est dit résolue de  retourner auprès de la direction afin de connaître les suites réservées à cette affaire. Pour elle, il est désormais essentiel que les responsabilités soient examinées et que des mesures efficaces empêchent la répétition de tels actes.

Aujourd’hui, la priorité demeure la santé de l’adolescent. Outre les brûlures au visage, il se plaindrait régulièrement de douleurs et de sensations de chaleur. Sa prise en charge devra également tenir compte du traumatisme psychologique lié aux humiliations qu’il aurait subies.

Un accompagnement psychologique apparaît nécessaire pour l’aider à surmonter cette épreuve et à retrouver progressivement un sentiment de sécurité. Le soutien de sa famille, associé à une prise en charge adaptée, sera déterminant dans son processus de reconstruction.

Antoine Relaxe

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