Pénurie de carburants : Et si la solution dépendait de l’implantation d’une raffinerie à Rabi ?

*Par Boris Bernard Boukal Rahandi

Face aux pénuries récurrentes de carburants et autres produits pétroliers qui perturbent l’approvisionnement du marché national, la question de la sécurisation durable des stocks des produits pétroliers revient au centre des préoccupations. Dans cette perspective, *l’acteur citoyen, Boris Bernard Boukal Rahandi, avance une proposition : étudier la possibilité d’implanter une raffinerie modulaire dans la zone pétrolière de Rabi-Mandji/Ndolou, afin de renforcer les capacités nationales de raffinage et de réduire la vulnérabilité du pays face aux ruptures d’approvisionnement.

Dans sa réflexion, Boris Bernard Boukal Rahandi part d’un constat : le Gabon demeure exposé aux ruptures de stocks et aux difficultés d’approvisionnement en carburants en raison notamment de sa dépendance à la production de la Société gabonaise de raffinage (SOGARA) et au recours aux importations de produits raffinés. Pour lui, la diversification des capacités de raffinage pourrait constituer l’une des réponses structurelles à cette situation.

L’idée défendue consiste à étudier l’installation, à proximité des infrastructures existantes de collecte du brut de Rabi, d’une unité de raffinage modulaire d’une capacité initiale de 5 000 barils par jour. Un tel choix de localisation présenterait, selon l’acteur citoyen, l’avantage de rapprocher l’outil industriel de la ressource pétrolière disponible dans la zone et, par conséquent, de limiter une partie des contraintes et coûts liés au transport de la matière première.

À pleine capacité, une unité de 5 000 barils par jour pourrait traiter environ 795 000 litres de brut quotidiennement. Sur une année, la production de produits raffinés pourrait atteindre, selon les hypothèses retenues, environ 270 millions de litres. La production serait prioritairement orientée vers le gasoil, particulièrement stratégique pour les activités économiques ; mais également vers l’essence et certains produits destinés aux usages industriels.

Pour Boris Bernard Boukal Rahandi, l’enjeu ne serait toutefois pas de substituer cette éventuelle installation à la SOGARA. La raffinerie de Rabi serait plutôt conçue comme une capacité complémentaire de sécurité, destinée à diversifier les sources nationales d’approvisionnement et à offrir au Gabon une marge de manœuvre supplémentaire en cas de difficultés affectant la production ou les importations.

Avec une capacité de 5 000 barils par jour, cette unité représenterait déjà environ 20 % de la capacité nominale de la SOGARA, selon les chiffres avancés dans cette réflexion. Elle pourrait ainsi contribuer à renforcer la résilience du dispositif national d’approvisionnement sans remettre en cause les infrastructures existantes.

Plus-value

Au-delà de la seule question du carburant, le projet envisagé s’inscrit dans une logique plus large de valorisation locale des ressources pétrolières. L’utilisation d’une partie du brut produit dans la région de Rabi permettrait d’envisager davantage de transformation sur le territoire national, tout en créant les conditions d’une activité industrielle supplémentaire dans une zone déjà intégrée à l’économie pétrolière.

La proposition pourrait également répondre à un autre enjeu majeur : l’approvisionnement de l’intérieur du pays. Une capacité de raffinage implantée dans une zone pétrolière de l’intérieur permettrait, sous réserve d’une étude logistique approfondie, de réfléchir à une organisation différente de la distribution des produits pétroliers.

L’objectif serait notamment de réduire les tensions d’approvisionnement et de rapprocher une partie de la production des bassins de consommation. Mais pour le citoyen engagé, une telle initiative ne saurait être envisagée sans une étude technique, économique et financière préalable.

Il estime ainsi nécessaire que le Gouvernement examine la faisabilité d’un tel projet afin de déterminer avec précision l’emplacement approprié, la disponibilité réelle du brut, les caractéristiques de la ressource, les produits à privilégier, les besoins du marché national ainsi que le coût global de l’investissement.

La question du financement constitue également un élément déterminant. Boris Bernard Boukal Rahandi préconise un modèle reposant sur un partenariat entre l’État ou la GOC, les opérateurs pétroliers présents dans la zone et un investisseur privé spécialisé dans les raffineries modulaires. Une telle configuration permettrait, selon lui, de répartir les risques, de mobiliser les compétences techniques nécessaires et de favoriser l’arrivée de capitaux privés dans un projet à vocation stratégique.

N.B.: Les titre, lead et intertitre sont de la Rédaction

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