Système d’Information Energétique : Une feuille de route sur les bonnes pratiques en zone CEMAC

Une séquence de la cérémonie de clôture de la réunion sur le SIE-CEMAC à Libreville / Gabonactu.com

La réunion ministérielle a clos, samedi à Libreville, la rencontre consacrée à la mise en œuvre du Système d’information énergétique de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (SIE-CEMAC). A la clé, une feuille de route et des orientations destinées à renforcer la production, l’harmonisation, la sécurisation et le partage des données énergétiques dans les six États membres.

‎La principale décision porte sur le renforcement des systèmes d’information énergétique (SIE) nationaux, considérés comme les fondations du futur système régional. Chaque État est ainsi appelé à améliorer ses capacités de collecte, de traitement, de validation, de stockage, d’analyse et de diffusion des données énergétiques.

‎Les participants ont également appelé à une accélération de la mise en œuvre des plans d’action nationaux. Les SIE nationaux devront désormais être davantage intégrés aux politiques publiques des États, notamment à travers leur inscription dans les budgets nationaux, ainsi que l’adoption des dispositifs réglementaires et législatifs nécessaires.

‎Cette orientation vise à faire sortir ces projets du stade de la planification pour les inscrire dans une véritable dynamique opérationnelle, avec des échéances et des résultats mesurables. Autre décision majeure, l’harmonisation des statistiques, des méthodologies de collecte, des indicateurs et des référentiels énergétiques.

L’objectif est de permettre aux six pays membres de disposer de données comparables, cohérentes et fiables, afin de faciliter leur utilisation dans la planification des infrastructures, la coopération énergétique et la mobilisation des financements.

‎Les ministres en charge de l’Énergie ont réaffirmé le caractère stratégique de la donnée énergétique pour la planification, la gouvernance et l’intégration sous-régionale. Les ministres ont également souligné la nécessité de poursuivre la digitalisation des systèmes d’information énergétique, tout en garantissant leur interopérabilité et leur sécurisation.

Les États et parties prenantes ont toutefois reconnu que l’insuffisance des ressources financières constitue un risque pour la mise en œuvre et la pérennisation des systèmes nationaux et du dispositif communautaire. Ils ont donc retenu le principe d’une mobilisation coordonnée des partenaires techniques et financiers, autour d’un portefeuille de besoins consolidé au niveau de la CEMAC.

‎Les investissements devront notamment couvrir les infrastructures numériques, les équipements informatiques, les plateformes et logiciels, la sécurisation des données, la collecte statistique, l’assistance technique ainsi que la maintenance.

‎Suivi et capital humain

‎Les travaux de Libreville ont également débouché sur la nécessité de renforcer les capacités humaines. Les ministres ont insisté sur l’importance d’intégrer la formation et l’accompagnement des ressources humaines dans les négociations avec les partenaires financiers.

‎Un renforcement des capacités de suivi et de l’évaluation de la mise en œuvre du SIE-CEMAC et des SIE nationaux a été retenu. Les experts dédiés sont appelés à faire remonter les difficultés rencontrées afin de permettre des ajustements et d’accélérer l’exécution des différentes actions.

‎Enfin, les États devront renforcer la gouvernance du dispositif à travers une clarification des responsabilités portant notamment sur la production, la collecte, le contrôle, la validation, la consolidation et la diffusion des données. La désignation et l’animation des points focaux nationaux doivent notamment permettre d’assurer une coordination régulière entre les différents pays.

‎Au terme de la réunion, les ministres concernés ont confirmé leur volonté de faire de la donnée énergétique un instrument au service de l’intégration et du développement des six États membres de la CEMAC. L’enjeu désormais est de traduire les engagements pris à Libreville en actions concrètes, avec des financements identifiés, des réalisations mesurables et les textes réglementaires nécessaires.

Féeodora Madiba et Frida Dodo

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