« Biens mal acquis » : Le PDG, version ‘’Blaise Loembe défend la mémoire d’Omar Bongo et appelle à laisser la justice suivre son cours

Les dirigeants du PDG, version Blaise Loembe (chemise noire, à l’extrême gauche) @ DR

Après la prise de parole de l’ancien président déchu, Ali Bongo Ondimba, s’exprimant en sa qualité de ‘’président du PDG’’ et fils d’Omar Bongo Ondimba, sur l’affaire des « Biens mal acquis » ; la faction du Parti démocratique gabonais (PDG – proche du pouvoir), dirigée par l’ancien ministre, Blaise Loembe, a dans une déclaration officielle, faite par sa Secrétaire générale, Angélique Ngoma, défendu la mémoire de son fondateur, feu président Omar Bongo Ondimba, tout en réaffirmant son attachement à l’indépendance de la justice et à la recherche de la vérité judiciaire  

Blaise Loembe et ses camarades disent vouloir rester dans le cadre de l’État de droit. « Il appartient aux juridictions régulièrement saisies d’établir les faits, de déterminer les éventuelles responsabilités et de statuer conformément aux droits », a déclaré Angélique Ngoma. Cette faction du PDG affirme ne pas vouloir interférer dans une procédure toujours en cours et demande que la justice puisse poursuivre son travail sans pression extérieure.

Mais cette réserve ne signifie pas, pour le parti, rester silencieux lorsqu’il estime que la mémoire de son fondateur est mise en cause. Le PDG rappelle qu’Omar Bongo Ondimba, décédé le 8 juin 2009, a dirigé le Gabon pendant 42 ans et fondé le parti en 1968. Pour ses responsables, son bilan peut être discuté et critiqué, mais ne saurait être réduit aux seuls faits examinés dans le cadre d’un dossier judiciaire.

Dans sa déclaration, le PDG, version Blaise Loembe, insiste également sur la place du défunt dans les traditions gabonaises. Le respect dû aux morts et aux ancêtres constitue, selon lui, une dimension importante des cultures locales. Le PDG estime ainsi que certaines formulations utilisées ces derniers jours à l’égard de l’ancien président vont au-delà du débat judiciaire et portent atteinte à sa mémoire.

Pour autant, le parti ne remet pas en cause le droit de l’État gabonais à défendre ses intérêts. « La République gabonaise est naturellement fondée à défendre ses intérêts patrimoniaux et à rechercher […] la restitution de tout bien qui appartiendrait légitimement au peuple gabonais », soutient-il. Le PDG reconnaît donc le principe d’une démarche visant à récupérer d’éventuels biens appartenant au Gabon, tout en demandant que cette action soit menée avec mesure et dans le respect de l’histoire nationale.

La position exprimée par Blaise Loembe et ses camarades repose ainsi sur deux exigences que le parti souhaite voir conciliées : laisser la justice déterminer les responsabilités dans la procédure française et préserver la mémoire de l’ancien chef de l’État. Ils appellent par ailleurs les différents acteurs à éviter toute instrumentalisation politique de cette affaire, « dans un sens comme dans l’autre », et à laisser les juridictions compétentes trancher.

En assumant cette position, le PDG, faction Blaise Loembe, revendique également son héritage historique. « Les réussites comme les insuffisances, les acquis comme les controverses », le parti dit vouloir les assumer sans sélectionner les épisodes de son passé. Une manière pour cette formation de maintenir la figure d’Omar Bongo Ondimba au cœur de son identité politique, tout en affirmant que la défense de sa mémoire ne doit pas empêcher la justice de rechercher la vérité.

Cette sortie intervient quelques jours après les observations transmises, le 8 septembre, au juge d’instruction français par les conseils de l’État gabonais, partie civile dans cette procédure. Ces dernières ont relancé les débats au Gabon, notamment sur les réseaux sociaux, où le dossier judiciaire donne lieu à différentes lectures politiques. « Le PDG dénonce ainsi une médiatisation qu’il juge excessive et susceptible d’alimenter un climat délétère ».

Alph ’-Whilem Eslie et Tryphène Lembah

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