Les employés du Conseil départemental de Bendjé (CDB), réunis au sein de la Confédération nationale des syndicats du Gabon (CNSG), ont déclenché une grève illimitée pour réclamer le paiement de cinq mois de salaires impayés et protester contre la suspension de plusieurs primes.
« Nous sommes dans un mouvement de grève illimitée occasionné par le non-paiement de nos salaires il y a cinq mois, et des primes retirées depuis deux ans dont la prime spéciale qui est l’équivalent de 30 % de nos salaires. Nous avons également perdu des avantages dont la prise en charge médicale, l’arbre de Noël », a précisé Audrann-Loïc Onouviet, enseignant en service au CDB.
Les grévistes dénoncent également l’absence de revalorisation salariale pour l’année 2026. Le 26 janvier dernier, le collège des délégués du personnel avait convoqué une assemblée générale extraordinaire afin d’examiner la situation. Les mois d’octobre, novembre et décembre 2025 ont été classés au passif lors des échanges avec le bureau du CDB. À l’issue de cette rencontre, la centrale syndicale a décidé de relancer le mouvement de grève suspendu l’année précédente.

Le préavis de grève déposé le 30 janvier 2026 a expiré le 13 février , avant le déclenchement effectif du mouvement le lundi 16 février. Du lundi 16 au mardi 17 février, les agents, encadrés par leur syndicat, se sont rassemblés avec tambours, tonneaux, chaises et tabourets pour faire entendre leur détresse et attirer l’attention des plus hautes autorités, dans l’espoir de rétablir la sérénité au sein de l’administration.
Pour Audrann-Loïc Onouviet, « nous vivons de la débrouillardise, nombreux d’entre nous ont été chassés des maisons qu’ils louaient. Il s’avère que la gestion de nos comptes au Trésor a connu un impact considérable au point où l’institution est à bout de souffle. Nombreux ont perdu la vie pour incapacité de se soigner. Ce problème est récurrent et l’équipe actuellement en place est venue trouver une situation qui perdure depuis les précédents mandats ».
Les employés dénoncent une dégradation continue de leur situation financière et sociale : baisse des salaires, non-paiement des arriérés (octobre 2025 à janvier 2026), absence de revalorisation en 2026. Ils exigent le rétablissement de leurs salaires, le remboursement des montants retranchés et la réparation du préjudice moral subi.
Parmi leurs revendications figurent également : l’arrimage des salaires à la grille de la Fonction publique du 20 août 2015 ; l’harmonisation des primes selon les fonctions occupées ; la revalorisation des frais pharmaceutiques à 200 000 FCFA et le rétablissement de la prise en charge médicale des agents.
La CNSG affirme avoir épuisé toutes les voies de recours prévues par le Code du travail gabonais (notamment les dispositions 378 et 383 in fine), estimant que l’institution a violé les textes en vigueur, y compris la loi n°022/2021 en son article 352.
« Le climat depuis la transition est délétère. Depuis le mois d’avril 2025, l’équipe transitoire est venue matraquer les travailleurs. Après l’élection présidentielle, les promesses faites n’ont pas été respectées et les agents en sortent lessivés. Cela fait cinq à six mois qu’ils ne sont pas payés. On compte actuellement des morts », a regretté Firmin Nzengui Massala, 1er Secrétaire national de la CNSG qui lance un appel aux plus hautes autorités.
Tout en soulignant que cette crise ne saurait être imputée uniquement à l’actuelle présidente du CDB Lucie Daker Akendengué, la CNSG appelle à l’intervention des plus hautes autorités du pays afin de mettre en place un cadre normatif pour le règlement de ce différend collectif qui précarise les agents depuis plusieurs années.
Jean-Jacques Rovaria Djodji
