Reprise des cours : Le pays tout entier retient son souffle

Au-delà des concernés au premier chef, pouvoirs publics, partenaires sociaux, élèves, parents d’élèves et partenaires du système éducatif nationale, tous les regards seront portés ce lundi sur l’école gabonaise qui n’a jamais aussi suffoqué depuis plus d’un mois que dure la grève des enseignants. Alors qu’on croyait amorcer le dégel, avec la désignation d’un médiateur, plutôt rassembleur et le retour sur la table des négociations des parties prenantes ; on était loin de se douter du scénario, aussi rocambolesque qu’inattendue, servi à l’opinion par la base du Collectif SOS Education. ‘’Jusqu’auboutiste’’, ‘’La base’’ campe sur ses positions : « No money – No school », ‘’Cette fois-ci, tout ou rien’’, a-t-elle fulminé au terme des assemblées générales de samedi, ponctuées par le vote en faveur de la poursuite de la grève, dans huit (08) province sur neuf (09) que compte le pays, exceptée la province de l’Ogooué-Lolo. La consigne sera-t-elle pour autant suivie dans les écoles et salles de classe ce lundi ? Le pays retient son souffle.

Pour tout dire, sans trop de certitudes non plus, cet appel à la poursuite de la grève sonne comme un désaveu cinglant des représentants des neuf provinces du Collectif SOS Education qui avait ‘’précipitamment’’ invité leurs collègues à mettre ‘’beaucoup d’eau’’ dans leur vin, mercredi dernier, au terme de la cruciale phase de négociations réouvertes quarante-huit heures plus tôt par le gouvernement.

Si sur la base du protocole d’accord conclu d’accord parties, les leaders du Collectif, Commissaires mandatés, disaient avoir globalement trouvé satisfaction, en attendant l’entrée en scène de la Commission de suivi et de mise en œuvre de l’accord. Ils ont vraisemblablement été pris à contre-pied par leurs collègues de ‘’La base’’, qui parlent d’une moisson plutôt dérisoire, correspondant à 20% des principales revendications contenues dans leurs cahiers des charges, s’indignent-ils.

Nombre d’éditorialistes et observateurs avertis avaient du reste vite fait de s’interroger s’il était opportun et indiqué pour les Commissaires mandatés de se lancer dans une entreprise estampillée ‘’périlleuse’’, visant à contourner un principe acquis et acté au sein du Collectif SOS Education de « retourner chaque fois vers la base » pour avis sur la conduite à tenir ?

Embrouilles et écran de fumée

Plus que jamais divisé, l’opinion scrute l’avenir à très très court terme, dès ce lundi, pour voir si l’unité des grévistes prévaudra sur les divisions manifestement prononcées et portées sur la place publique ; sur lesquelles les tenants du pouvoir ne manquent évidemment pas de surfer et d’exploiter, C’est de bonne guerre.

La tutelle ministérielle, le gouvernement en général, affiche et sa bonne foi : « Des réponses concrètes ont été donné sur l’essentiel des revendications légitimes des personnels enseignants, avec effets immédiat et progressifs à partir du 25 février 2026 », clame-t-il. 

Maniant à la fois le bâton et la carotte, le Secrétaire général du ministère de l’Education nationale a annoncé samedi, des mesures de représailles contre ceux des enseignants qui manqueront à l’appel ce lundi.

Le médiateur dans cette crise, le député d’Akanda (au nord de Libreville), Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, devrait être mieux placé pour apprécier la portée de cette sommation à peine voilée, lui qui a récemment écrit sur son compte Méta (ancien Facebook) la sentence suivante : « il vaut mieux convaincre que contraindre ».

Dans l’attente et l’expectative, les élèves, surtout les parents d’élèves dépriment, aujourd’hui plus qu’hier. Ça fait plus d’un mois que cette grève perdure, plus d’un mois que les écoliers se tournent les pouces et tournent en rond.

Qui pour apaiser les tensions et quoi faire ? Quid de la crédibilité des diplômes qui sanctionneront éventuellement les examens d’Etat dans le contexte d’une année académique autant biaisée ? Dans l’attente d’un calendrier scolaire réaménagé, bien malin qui pourrait répondre avec précision à ces interrogations angoissantes.

Elliott Ana Merveille

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