Contrairement aux informations largement relayées sur les réseaux sociaux, les syndicalistes Marcel Libama et Simon Ndong Edzo n’ont pas été libérés. C’est ce qu’indiquent plusieurs sources concordantes contactées par la rédaction de Gabonactu.com.
« Ils n’ont pas été libérés », a affirmé sans détour une source judiciaire. Lundi matin encore, une source proche du dossier leur a rendu visite en détention et affirme avoir pu échanger avec les deux vieux leaders syndicaux.
Selon des sources syndicales, des tractations seraient toutefois en cours en vue d’une libération rapide. Mais pour l’heure, aucune décision officielle n’a été prise.
« Ils sont attendus vendredi devant le juge d’instruction. Toute décision passera nécessairement par la justice », a précisé Lionel Engonga, président de l’ONG SOS Prisonniers Gabon, particulièrement informé sur ce dossier sensible.
Figures tutélaires du syndicalisme gabonais, Marcel Libama et Simon Ndong Edzo ont été incarcérés à la suite de leur soutien affiché au mouvement de grève déclenché le 10 décembre dernier par le collectif SOS Éducation, un mouvement spontané né pour dénoncer la situation critique du système éducatif national.
Rappel des faits
Le mouvement SOS Éducation a lancé, le 10 décembre, une grève pour dénoncer notamment les retards de paiement des salaires, le manque d’infrastructures scolaires et la précarité des conditions de travail des enseignants. Rapidement, le mouvement a pris de l’ampleur à Libreville et dans plusieurs localités du pays.
En apportant leur soutien à cette mobilisation, Marcel Libama et Simon Ndong Edzo ont été interpellés puis placés en détention, une décision qui a suscité une vive réaction au sein de la société civile, des organisations syndicales et des défenseurs des droits humains.
Depuis leur incarcération, plusieurs appels à leur libération ont été lancés, dénonçant une atteinte aux libertés syndicales et au droit de manifester. À ce stade, la procédure judiciaire suit toujours son cours.
SOS Education conditionne la reprise effective des cours à la libération de ces monuments du syndicalisme au Gabon.
Antoine Relaxe
