Dans le cafouillage des appels à la reprise des cours ou pas, ce lundi, le constat sur le terrain est très mitigé. De fait, la réalité observée dans les principaux établissements secondaires, aussi bien à Libreville qu’à l’intérieur du pays, montre que les salles de classe restent presque vides, illustrant clairement le fait que la reprise des cours n’est pas effective. La faible présence des élèves et des enseignants est palpable, entamant davantage la bonne exécution des programmes et le déroulement régulier d’une année scolaire impactée par un mois de grève.
Selon Jérémy K., élève en classe de terminale B5 au Lycée Nelson Mandéla, la situation reste pratiquement inchangée malgré les annonces officielles. Quelques élèves sont bien présents, mais ils représentent une infime partie des effectifs habituels. « On a surtout les mêmes élèves qui viennent d’habitude, environ juste pour observer en réalité », explique-t-il.
Un peu partout, du Lycée Jean-Baptiste Obiang Etoughe, au Lycée Paul Indjendjet Gondjout, en passant par le Complexe Raymond Bouckat de Mindoubé 2 et Lycée National Léon Mba, c’est une frange marginale d’enseignants et d’élèves rencontrés, très largement insuffisant pour permettre une organisation normale des enseignants et assurer une progression pédagogique cohérente.
« Nous ne comprenons plus rien. Le ministre a dit que les cours reprendraient aujourd’hui. On nous demande d’amener les enfants à l’école. J’ai personnellement fait le déplacement avec mes deux enfants. Il est 10 heures, il n’y a aucun cours. Les quelques rares enseignants qui sont là, flânent dans la cour. Je ne sais plus vraiment quoi faire », déclare dépité Calixte N., parent d’élèves.

Une légère évolution est néanmoins perceptible par rapport à la semaine précédente. Quelques élèves supplémentaires ont fait leur retour, ce qui donne l’impression d’un début de ‘’reprise’’ dans certaines écoles.
Cependant, cette ‘’reprise’’ reste trop timide pour être qualifiée d’effective. « Il y a un peu plus d’élèves que la semaine dernière, mais on est encore loin d’une vraie reprise », souligne un responsable d’école ayant requis l’anonymat.
De toute évidence, les salles restent globalement clairsemées, et l’atmosphère générale reflète encore l’incertitude et l’hésitation. Cette situation soulève des inquiétudes, notamment en ce qui concerne le respect du calendrier scolaire, notamment la préparation des élèves aux examens d’état.
M.-O. Mignonne et Darène Mabelle Ayingone
